Face à une pression démographique croissante et à la dégradation des sols, la région de l’Itasy, au nord d’Antananarivo, voit des milliers d’exploitations maraîchères familiales remplacer les engrais chimiques par un biofertilisant liquide. Cette transition, amorcée il y a près d’une décennie, améliore les rendements tout en limitant l’impact environnemental.
Un contexte de dégradation des sols et de dépendance aux intrants chimiques
Les exploitations de l’Itasy, majoritairement familiales, cultivent des légumes destinés aux marchés locaux et à la capitale. La croissance démographique du pays impose une hausse de la production, mais les pratiques intensives d’utilisation d’engrais chimiques ont entraîné une érosion accrue et un appauvrissement du sol. Cette situation menace la viabilité à long terme des cultures et augmente les coûts pour les agriculteurs.
Le biofertilisant liquide : une alternative locale adoptée à grande échelle
Depuis environ dix ans, un biofertilisant liquide, élaboré à partir de matières organiques locales, est proposé aux producteurs de l’Itasy. Des milliers de paysans l’ont intégré à leurs cycles de culture, remplaçant partiellement ou totalement les engrais minéraux. Le produit se caractérise par sa facilité d’application et son coût inférieur à celui des intrants importés, ce qui le rend accessible aux petites exploitations.
Impacts mesurés sur les rendements et sur l’environnement
Les agriculteurs rapportent une amélioration visible des rendements, notamment une meilleure vigueur des plantes et une augmentation de la production de légumes. Sur le plan environnemental, la réduction de l’usage d’engrais chimiques diminue le lessivage des nutriments, limite la contamination des cours d’eau et freine l’érosion des terres arables. Cette double dynamique contribue à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques.
Enjeux et perspectives pour les politiques agricoles malgaches
Le succès de l’expérience Itasy illustre le potentiel des solutions bio‑agricoles pour répondre aux défis de sécurité alimentaire et de durabilité. Il invite les décideurs à soutenir davantage la recherche locale, à faciliter la diffusion de technologies écologiques et à structurer des incitations financières pour les agriculteurs qui adoptent des pratiques moins polluantes. Une telle orientation pourrait s’avérer décisive pour réduire la dépendance du pays aux importations d’engrais et pour protéger les ressources naturelles essentielles à l’avenir de l’agriculture malgache.