La Banque centrale de Madagascar va inaugurer prochainement des points de collecte d’or dans quatre villes du pays, dans le but d’accroître ses réserves de métaux précieux et de structurer une filière largement informelle. Cette initiative vise également à réduire les flux illicites qui, selon le ministère des Mines, représentent jusqu’à une tonne d’or chaque mois.
Des points de collecte dans quatre régions stratégiques
Les sites retenus – Antananarivo, Maevatanana au nord, Miandrivazo à l’ouest et Mananjary au sud‑est – couvrent les principales zones aurifères de Madagascar. La Banque centrale prévoit d’y acheter directement l’or extrait par les orpailleurs, en s’appuyant sur un dispositif logistique qui sera opérationnel d’ici les prochains mois.
Un levier pour renforcer les réserves de change
Actuellement, les coffres de la Banque centrale contiennent une tonne d’or. En suivant la tendance observée chez les banques centrales du monde, l’institution cherche à augmenter ce stock afin de diversifier et de consolider ses réserves de change. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de stabilisation de l’ariary, monnaie nationale soumise à d’importantes fluctuations.
Vers une filière aurifère plus sûre et durable
Le dispositif inclut la mise en place de contrôles de qualité et de traçabilité, ainsi que la promotion de pratiques d’extraction sans mercure. Selon la Banque centrale, la filière emploie environ 600 000 personnes, majoritairement dans le secteur informel. En encadrant les achats, l’État espère améliorer les conditions de travail des orpailleurs et réduire les risques sanitaires liés à l’usage du mercure.
Le défi de la lutte contre la contrebande
En 2025, seuls 13 kg d’or ont été exportés légalement via le guichet unique, alors que le ministère des Mines estimait qu’une tonne d’or était détournée chaque mois en 2024. En rendant le circuit officiel plus attractif, la Banque centrale espère diminuer les incitations à la contrebande, récupérer des recettes fiscales et renforcer la transparence du secteur.