Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a tracé lors des récentes réunions annuelles à Bangkok les priorités stratégiques pour les pays en développement. Ces orientations, centrées sur l'accès à l'énergie, la mobilisation des capitaux privés et l'insertion des jeunes, résonnent avec les défis structurels auxquels Madagascar doit faire face pour dynamiser son économie.
L'électrification comme levier de développement
L'accès à l'énergie demeure un frein majeur pour le tissu économique malgache, marqué par des délestages récurrents. Dans le cadre de l'initiative continentale « Mission 300 », qui vise à raccorder 300 millions d'Africains à l'électricité d'ici 2030, Madagascar bénéficie du programme ASCENT. Doté d'un financement de 250 millions de dollars approuvé en mai 2026, ce projet ambitionne d'équiper 2,5 millions de personnes en électricité et solutions de cuisson modernes. Un volet crucial de ce programme concerne le redressement opérationnel de la JIRAMA, dont les performances actuelles fragilisent la stabilité énergétique nationale.
Le défi du financement et des PME
Malgré une hausse globale des capitaux mobilisés par la Banque mondiale, atteignant 112 milliards de dollars l'an dernier, les pays à faible revenu peinent toujours à attirer les investisseurs privés. Ajay Banga a insisté sur le rôle moteur des petites et moyennes entreprises (PME) pour pallier le manque d'investissements massifs. Pour Madagascar, l'enjeu est de créer un environnement propice à l'entrepreneuriat local afin de stimuler une croissance industrielle capable de générer de la valeur ajoutée sur le territoire.
Insertion professionnelle et transformation locale
La pression démographique impose une réponse rapide en matière d'emploi, avec 1,2 milliard de jeunes arrivant sur le marché mondial du travail dans les quinze prochaines années pour seulement 400 millions d'emplois prévus. Face à ce déséquilibre, la formation professionnelle et le soutien aux secteurs productifs sont des priorités. Par ailleurs, la Banque mondiale prévoit d'intensifier ses activités dans le secteur des minerais critiques, avec une volonté affichée de favoriser la transformation locale. La capacité de Madagascar à transformer ces orientations en résultats concrets dépendra désormais de la mise en œuvre effective des réformes et de la mobilisation des investissements nécessaires pour soutenir son développement agricole et industriel.