Madagascar face au défi de l'inclusion : le plaidoyer pour la reconnaissance institutionnelle de la langue des signes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 44 lectures
Madagascar face au défi de l'inclusion : le plaidoyer pour la reconnaissance institutionnelle de la langue des signes

À Madagascar, la langue des signes malgache (LSM) reste une langue minoritaire, maîtrisée par moins de 1 % de la population. Face à ce constat, des experts plaident pour une reconnaissance institutionnelle urgente et une professionnalisation accrue des interprètes afin de garantir l'accès aux droits fondamentaux des personnes sourdes et malentendantes.

Un déficit de reconnaissance institutionnelle

La situation actuelle de la LSM à Madagascar est marquée par une absence de cadre formel. Bien que la langue soit au cœur de la vie de nombreux citoyens, elle ne bénéficie d'aucune intégration systématique dans les programmes scolaires ou les politiques publiques. Selon Fidy Manantsoa Randrianarivelo, chercheur en sciences de l’éducation, cette marginalisation est accentuée par une politique linguistique éducative qui ignore la LSM, alors même qu'elle constitue la langue première de nombreux enfants sourds. L'apprentissage demeure confiné aux sphères familiales et associatives, limitant ainsi sa diffusion auprès du grand public et des décideurs.

Le rôle crucial de l'interprète comme médiateur

Au-delà de la simple traduction, le métier d'interprète en langue des signes exige une expertise de médiation entre deux cultures distinctes. Depuis décembre 2025, des initiatives de formation, notamment au sein du Centre de compétences Ivohay Akama, visent à renforcer les capacités des professionnels en activité et à préparer une nouvelle génération d'interprètes. L'objectif est de dépasser le simple transcodage pour faciliter une véritable interaction entre la communauté sourde et la société non-sourde, en s'appuyant sur des outils de codification et de diffusion encore en phase de développement.

Priorités pour une inclusion effective

Pour transformer cette reconnaissance académique et associative en réalité concrète, des mesures structurelles sont jugées indispensables. L'intégration de la LSM dans les services publics prioritaires — notamment la santé, la justice, les médias et l'éducation — apparaît comme le levier principal pour réduire les inégalités d'accès à l'information. La légitimation sociale de la langue passe également par la création d'outils pédagogiques et de diffusion standardisés. À court terme, la formation continue des interprètes professionnels demeure la clé pour répondre aux besoins réels de la communauté et assurer une médiation de qualité dans les institutions malgaches.

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