Le processus de concertation nationale à Madagascar franchit une étape décisive avec la mise en place d'un comité technique dédié, sous l'égide du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison. Ce dispositif, qui intègre des représentants de la société civile, du secteur privé et des autorités traditionnelles, devra piloter les travaux menés en collaboration avec le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM) pour définir les orientations institutionnelles du pays.
Un pilotage technique pour la Refondation
Le comité technique, réuni pour la première fois au palais d'État de Mahazoarivo, a pour mission de garantir le respect du calendrier des discussions et d'assurer la liaison avec le gouvernement. Les conclusions issues de ces échanges, qui débuteront au niveau des fokontany pour remonter vers une synthèse nationale, seront transmises à l'exécutif. Ce travail de fond est indispensable pour structurer la « Refondation » et préparer les textes constitutionnels qui seront soumis aux citoyens.
Le défi du retard accumulé
Le lancement effectif de ces travaux accuse un retard d'un mois par rapport au calendrier initialement présenté par le FFKM le 21 juin dernier. Ce décalage impose une contrainte temporelle forte aux organisateurs, alors que les consultations locales devaient initialement débuter dès le mois d'août. La coordination des opérations sera centralisée depuis un nouveau siège, dont l'inauguration officielle et la nomination du coordonnateur national sont prévues pour le début de la semaine.
L'échéance électorale de 2027 en ligne de mire
La réussite de cette concertation est étroitement liée à la tenue des scrutins prévus en 2027. Le chef de l'État, le colonel Michaël Randrianirina, a confirmé que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) prépare l'organisation d'un référendum ou d'une élection constitutionnelle entre mai et juillet 2027, suivie d'une élection présidentielle avant la fin de l'année. La conduite parallèle des discussions institutionnelles et de la refonte des listes électorales par la Ceni constitue une stratégie visant à éviter tout nouveau glissement du calendrier. L'enjeu majeur pour les autorités reste de clore la période de transition dans les délais annoncés, en évitant que les retards logistiques ne viennent fragiliser la stabilité politique du pays.