Madagascar : des élections en 2027 pour une refonte constitutionnelle sous haute tension

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 53 lectures
Madagascar : des élections en 2027 pour une refonte constitutionnelle sous haute tension

Le gouvernement malgache a fixé juillet 2027 pour un scrutin portant sur le cadre constitutionnel, suivi d’une présidentielle avant la fin de l’année. Une annonce présentée comme une avancée démocratique, mais immédiatement contestée par la jeunesse et la société civile, qui dénoncent l’absence de calendrier précis pour la concertation nationale préalable.

Les faits essentiels

Le colonel Randrianirina a révélé lors d’un sommet de la SADC à Durban que Madagascar organisera en juillet 2027 un scrutin sur le futur cadre constitutionnel, sans employer le terme de référendum. Une élection présidentielle est ensuite prévue avant la fin de la même année. Ce calendrier marque un léger décalage par rapport à celui proposé en mai par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Deux étapes clés doivent précéder ce processus : une concertation nationale pilotée par les Églises chrétiennes (FFKM), débutant au niveau local avant de s’étendre à l’échelle nationale, et un dialogue politique avec les partis. Pourtant, ces chantiers restent en suspens. La concertation, initialement prévue pour août, n’a ni thème ni calendrier définis, et certains acteurs locaux, comme les chefs fokontany, n’ont même pas été saisis.

Pourquoi c'est important

Cette annonce s’inscrit dans le cadre du « Programme de la Refondation », transmis à la SADC en février, qui prévoit une refonte institutionnelle. L’organisation d’un scrutin constitutionnel avant une présidentielle pourrait redéfinir l’équilibre des pouvoirs à Madagascar. Cependant, l’absence de cadre opérationnel pour la concertation nationale risque de fragiliser la légitimité du processus. La Gen Z, déjà sceptique sur le « Programme de la Refondation », y voit une manœuvre dilatoire, tandis que les Églises, chargées de la médiation, peinent à lancer les discussions.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs incertitudes pèsent sur la crédibilité de ce calendrier. D’abord, la finalisation des thèmes et du calendrier de la concertation nationale, dont le démarrage effectif reste incertain. Ensuite, l’aboutissement du dialogue politique avec les partis, condition sine qua non pour des élections consensuelles. Enfin, la capacité des autorités à garantir la transparence du processus, alors que les retards accumulés alimentent les suspicions. Une accélération des préparatifs ou, à l’inverse, de nouveaux reports pourraient redéfinir la dynamique politique malgache d’ici 2027.

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