Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a rencontré Emmanuel Macron à Paris, où les deux chefs d’État ont annoncé la signature d’une déclaration d’intention visant à renforcer le partenariat de défense entre leurs pays. Cette initiative marque un revirement notable après une période de crispation diplomatique et militaire.
Contexte de la rupture et du retrait français
En 2024, le gouvernement tchadien avait publiquement dénoncé les accords de coopération militaire signés avec la France, invoquant des divergences sur la souveraineté et la présence de troupes étrangères. L’année suivante, les dernières unités de l’armée française ont quitté N’Djamena, mettant fin à une présence qui s’étalait depuis plusieurs décennies. Cette sortie a été perçue comme un refroidissement des relations bilatérales, tant sur le plan sécuritaire que sur les projets de développement conjoints.
Signature de la déclaration d’intention
Le mardi 13 septembre, Emmanuel Macron a publié sur son compte X que « une nouvelle ère » s’ouvrait dans les relations franco‑tchadiennes. La déclaration d’intention a été signée par la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, et par le général Issakha Maloua Djamous, ministre des Armées du Tchad. Le texte prévoit un renforcement du dialogue stratégique, la mise en place de formations conjointes et le partage d’équipements, tout en soulignant le respect mutuel comme pilier du nouveau cadre.
Au‑delà du secteur militaire : dimensions économiques et culturelles
Macron a élargi le discours en insistant sur des coopérations « concrètes » au bénéfice des deux peuples, incluant des projets culturels et économiques. Les deux gouvernements envisagent de faciliter les investissements français au Tchad, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, tout en soutenant des initiatives culturelles visant à renforcer les liens entre les sociétés civiles. Cette approche intégrée reflète la volonté de transformer la relation militaire en un partenariat plus global.
Perspectives et défis à venir
Si la signature de la déclaration d’intention constitue un pas symbolique important, sa mise en œuvre dépendra de la capacité des deux pays à concrétiser les engagements annoncés. Les observateurs soulignent que la stabilité sécuritaire du Tchad, confronté à des menaces transnationales, reste un facteur clé pour la réussite du partenariat. De même, la perception de la population tchadienne vis‑à‑vis de la présence française devra être gérée avec transparence afin d’éviter de nouvelles tensions.