Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a critiqué les opérations militaires israéliennes en Cisjordanie, affirmé que le Hamas n’y était pas actif et rappelé la nécessité d’une solution à deux États. Le bureau du Premier ministre israélien a immédiatement dénoncé ces propos, les qualifiant d’« absurdité grotesque », tout en rappelant les attaques quotidiennes du Hamas contre des civils juifs en Judée‑Samarie.
Le discours de Macron : appel à la deux‑états et dénonciation humanitaire
Dans son allocution, le président français a souligné la situation humanitaire catastrophique à Gaza, qualifiant le conflit de « spectacle qui nous fait honte à tous ». Il a rappelé que le Hamas, responsable de l’attaque du 7 octobre 2023, opère depuis Gaza, mais a déclaré que le groupe n’était pas présent en Cisjordanie, où siège l’Autorité palestinienne. Macron a réaffirmé que la sécurité d’Israël dépendait d’une solution à deux États, condition indispensable pour la stabilité régionale. Le même discours a abordé d’autres dossiers, notamment un double moratoire sur les frappes d’infrastructures énergétiques en Ukraine et en Russie, ainsi que la nécessité pour les États de développer leurs propres solutions d’intelligence artificielle afin de préserver leur indépendance.
Réaction israélienne : rejet et rappel des violences quotidiennes
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié les propos de Macron d’« absurdité grotesque », insistant sur le fait que des militants du Hamas mènent des attaques contre des Juifs « presque tous les jours » en Judée‑Samarie. Le porte‑parole a rappelé la mort, la veille de Yom Kippour, d’un colon israélien double nationalité française, tué par balle en Cisjordanie. L’armée a arrêté le tireur dans un hôpital et a mené un raid dans le village du colon. Un ministre du gouvernement a exigé l’exécution du meurtrier en vertu d’une nouvelle loi. Les Nations Unies estiment qu’environ six incidents violents liés aux colons sont recensés chaque jour en Cisjordanie, jusqu’à la mi‑2026.
Conséquences pour les relations franco‑israéliennes et la diplomatie internationale
Les échanges tendus entre Macron et Netanyahu s’inscrivent dans un contexte de relations déjà fragiles. L’an dernier, le président français avait soutenu une initiative occidentale visant à reconnaître un État palestinien à l’ONU, position qui avait été perçue comme défavorable par Israël. La dénonciation publique d’Israël pourrait compliquer les futures coopérations bilatérales, notamment dans les domaines de la sécurité et de la technologie. Sur la scène internationale, le débat met en lumière la difficulté pour les puissances occidentales de concilier soutien à la sécurité d’Israël et appel à la reprise du processus de paix, tout en répondant aux exigences humanitaires et aux pressions internes de leurs propres populations.