Le deuxième vote indicatif organisé par le Conseil de sécurité de l'ONU pour désigner le successeur d'António Guterres révèle un recul marqué de la candidature de Macky Sall, seul représentant ouest-africain en lice. Avec davantage de voix « décourage » que « encourage », l’ancien président sénégalais se retrouve en 4ᵉ position, loin derrière les favoris sud-américains. Une dynamique qui interroge sur l’avenir de sa campagne et sur la représentation africaine dans cette course cruciale.
Un classement défavorable pour Macky Sall
Les résultats du scrutin du 21 août 2026, révélés ce vendredi, placent Macky Sall en 4ᵉ position parmi les huit candidats en lice. Il obtient 6 mentions « encourage », 7 « décourage » et 2 « sans opinion », un score qui le place derrière Carolyn Rodrigues Birkett (8 « encourage », 3 « décourage »), Rebeca Grynspan (7 « encourage », 4 « décourage ») et Rafael Grossi (7 « encourage », 6 « décourage »).
Cette position contraste avec les attentes initiales suscitées par sa candidature, alors que le Sénégal misait sur une voix africaine forte dans cette compétition. Le fait que Macky Sall enregistre plus de votes défavorables que favorables (7 contre 6) souligne une défiance croissante parmi les membres du Conseil de sécurité, un signal d’alerte pour sa campagne.
Un processus qui favorise les candidats sud-américains
Les trois premiers du classement sont tous issus d’Amérique latine, avec Carolyn Rodrigues Birkett en tête, suivie de Rebeca Grynspan, déjà en tête lors du premier vote du 30 juillet. Cette domination sud-américaine pourrait s’expliquer par des alliances régionales ou des affinités politiques, mais elle marginalise les autres régions, dont l’Afrique. Macky Sall, seul candidat ouest-africain, voit ainsi sa candidature fragilisée par cette dynamique.
Pour l’emporter, un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables sans veto de l’un des cinq membres permanents du Conseil (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). À ce stade, Macky Sall n’est pas en position de franchir ce seuil, ce qui rend son élection improbable sans un redressement spectaculaire lors des prochains tours.
L’Afrique de l’Ouest en quête d’influence à l’ONU
La candidature de Macky Sall était perçue comme une opportunité pour l’Afrique de l’Ouest de peser dans les instances internationales, alors que le continent reste sous-représenté à la tête des grandes organisations mondiales. Son recul dans ce vote indicatif pourrait affaiblir la position africaine dans les négociations à venir, surtout si d’autres candidats africains ne se présentent pas pour compenser ce désavantage.
La Russie a d’ailleurs évoqué la possibilité de nouvelles candidatures en cas de blocage persistant, laissant planer le doute sur l’issue finale de cette course. Si Macky Sall ne parvient pas à inverser la tendance, l’Afrique de l’Ouest pourrait se retrouver sans voix dans la désignation du prochain secrétaire général, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026.