Lors d’un grand débat avec les autres candidats à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall a exposé sa vision pour l’organisation. Son ambition centrale ? Transformer l’ONU en une institution « plus confiante, plus efficace et profondément réformée », avec une attention particulière portée à la modernisation numérique.
Dans sa réponse, il a détaillé les contours de cette réforme, insistant sur la nécessité d’une « transformation digitale » et d’un recours accru à l’intelligence artificielle. Selon ses propos, ces outils permettraient d’améliorer l’efficacité du Secrétariat, d’optimiser l’analyse des menaces à la paix et de limiter les gaspillages dans les opérations de maintien de la paix. Cette orientation technologique s’inscrit dans la continuité de sa candidature, présentée par le Burundi au nom de l’Union africaine, où il se positionne comme le porteur d’un renouveau axé sur l’innovation.
Cependant, Macky Sall a rappelé que cette modernisation ne saurait être l’œuvre exclusive du Secrétariat. Il a souligné que sans l’adhésion des États membres, toute réforme resterait limitée. « Sans la volonté des États membres, quelles que soient les ambitions du Secrétaire général, les réformes resteront timides », a-t-il déclaré, réaffirmant ainsi une ligne constante de son discours. Lors de son audition devant l’Assemblée générale, il avait déjà plaidé pour une réforme « réaliste et consensuelle » du Conseil de sécurité, visant à renforcer sa représentativité sans sacrifier son efficacité.
Cette approche met en lumière une stratégie de « bâtisseur de ponts », visant à fédérer une organisation confrontée à des défis majeurs. Entre rivalités géopolitiques, conflits armés, urgence climatique et fragilités économiques, l’ONU doit selon lui relever un double défi : convaincre les capitales du bien-fondé de ses propositions et les inciter à s’engager pleinement dans une refondation du multilatéralisme. Son discours reflète ainsi une volonté de concilier ambition technologique et réalisme politique, dans un contexte où l’efficacité de l’institution est régulièrement questionnée.