L’ancien président sénégalais Macky Sall a entamé une tournée diplomatique et spirituelle pour renforcer sa candidature à la tête des Nations unies, en sollicitant le soutien des plus hautes autorités religieuses du pays. Une délégation conduite par l’ex-Premier ministre Sidiki Kaba s’est rendue à Tivaouane, capitale spirituelle de la Tidjaniya, pour obtenir la bénédiction du khalife général Serigne Babacar Sy Mansour. Cette démarche, présentée comme apolitique, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mobiliser les réseaux d’influence locaux et internationaux.
Une alliance entre pouvoir spirituel et ambition diplomatique
La visite à Tivaouane s’ajoute à une série d’audiences religieuses organisées par l’entourage de Macky Sall. Le 29 juillet 2026, une délégation de l’Alliance pour la République (APR) s’était déjà rendue à Touba pour solliciter les prières du khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Ces initiatives reflètent une volonté de capitaliser sur l’influence des confréries, dont les réseaux s’étendent bien au-delà des frontières sénégalaises.
Me Sidiki Kaba, porte-parole de la démarche, a insisté sur son caractère « spirituel et pacifique », excluant toute dimension partisane. Pourtant, la candidature de Macky Sall, officiellement transmise à l’ONU avec le soutien de l’Union africaine, s’inscrit dans une logique de légitimité renforcée par des soutiens symboliques.
Le soutien des confréries, un levier de crédibilité en Afrique
Les confréries soufies sénégalaises, Tidianes et Mourides en tête, jouent un rôle clé dans la mobilisation politique et sociale au Sénégal. Leur bénédiction peut servir de caution morale et de relais d’influence auprès des diasporas africaines et des partenaires internationaux. Pour Macky Sall, qui mise sur une image de rassembleur, ces appuis sont stratégiques dans une course où la légitimité africaine compte autant que les alliances géopolitiques.
La démarche s’accompagne d’une communication ciblée, mettant en avant l’engagement de l’ancien président en faveur de la paix et du développement, thèmes centraux de sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’ONU. Reste à savoir si ces soutiens religieux suffiront à compenser les défis diplomatiques et les rivalités régionales.
Une candidature africaine dans un contexte de recomposition géopolitique
La candidature de Macky Sall s’inscrit dans le cadre d’une compétition où plusieurs figures africaines sont en lice pour succéder à António Guterres. L’Union africaine, qui a officiellement endorsed sa candidature, cherche à porter une voix continentale unifiée. Cependant, les divisions internes et les intérêts divergents entre États pourraient affaiblir cette position.
Sur le plan international, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité de Macky Sall à convaincre au-delà des cercles religieux et politiques africains. Les Nations unies, en pleine réforme, attendent des candidats une vision claire des défis globaux, notamment en matière de sécurité collective et de développement durable. La mobilisation des réseaux spirituels pourrait-elle devenir un atout décisif ?