Le parcours de Kiswendsida Macaire Zongo, ingénieur et entrepreneur, offre une perspective unique sur l'évolution technologique du Burkina Faso. Depuis vingt ans, cet expert des réseaux a accompagné la transition numérique du pays, passant de la maintenance technique de proximité au pilotage de projets d'envergure nationale.
Une expertise forgée sur le terrain
Diplômé en 2004 de l'École supérieure d'informatique de Bobo-Dioulasso, Macaire Zongo a bâti sa carrière sur une immersion progressive dans les infrastructures télécoms. Après des débuts au Bénin, il intègre Telecel Faso en 2006, où il évolue durant une décennie. Cette période marque l'adoption successive des technologies clés : du GPRS à la 3G, en passant par le déploiement du Wi-Fi et l'interconnexion des agences. Son rôle s'est rapidement élargi à la cybersécurité, devenant un point focal pour la protection des systèmes d'information et la mise en place de normes de sécurité critiques.
Le défi de la connectivité administrative
À partir de 2017, l'ingénieur change d'échelle en coordonnant le projet BKF/021. Ce chantier d'envergure a permis de mailler le territoire burkinabè avec 62 pylônes, 130 stations de base LTE et 128 faisceaux hertziens. Un aspect déterminant de cette mission a été l'intégration de 32 sites alimentés par l'énergie solaire, soulignant une réalité fondamentale pour le développement numérique en Afrique : la nécessité de coupler le déploiement technologique à des solutions énergétiques autonomes pour garantir la continuité de service.
De l'ingénierie technique au pilotage stratégique
Au-delà des infrastructures, Macaire Zongo a mis son expertise au service de la modernisation de l'État. Il a notamment contribué à la sécurisation du fichier électoral en 2015 et à l'élaboration de schémas directeurs informatiques pour divers ministères, dont celui des Finances. Cette transition vers le conseil stratégique s'est concrétisée en 2022 par la création de sa propre entreprise, IT PROJET. Aujourd'hui, il combine ses activités de direction avec une volonté de transmission, ayant enseigné les réseaux et les télécommunications dans plusieurs instituts supérieurs du pays, assurant ainsi le transfert de compétences vers la nouvelle génération d'ingénieurs burkinabè.