Figure centrale de l'écosystème numérique burkinabè, Lydia Maïmouna Ouédraogo Sénémé incarne une approche pragmatique de la technologie, axée sur le développement humain et l'efficacité administrative. Forte d'une expérience de plus de vingt-trois ans, elle a œuvré à la modernisation des services publics, de la justice à l'administration territoriale, en plaçant systématiquement l'usager au cœur des enjeux de dématérialisation.
De l'informatique technique à l'ingénierie publique
Formée à l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso en tant qu'analyste-programmeur, Lydia Maïmouna Ouédraogo a rapidement orienté ses compétences techniques vers les besoins des institutions étatiques. Dès 2004, au sein de la Cour de cassation, elle a initié la transition numérique de l'appareil judiciaire, travaillant sur l'interconnexion des réseaux et la numérisation de la jurisprudence. Cette étape a marqué le début d'une carrière dédiée à l'utilisation du numérique comme levier de transformation organisationnelle plutôt que comme simple outil technique.
L'identité numérique comme socle de souveraineté
En 2013, son action prend une dimension nationale lorsqu'elle rejoint le ministère en charge de l'Administration territoriale. Elle y joue un rôle déterminant dans le déploiement de l'enrôlement biométrique, couvrant l'ensemble des communes du pays. Ce projet, essentiel pour la sécurisation des documents d'identité, illustre sa capacité à gérer des systèmes d'information à grande échelle, garantissant ainsi aux citoyens un accès plus fiable aux services de l'État.
Structurer le secteur numérique national
Au-delà de la mise en œuvre, Lydia Maïmouna Ouédraogo a contribué à définir le cadre normatif du numérique au Burkina Faso. En tant que Directrice de la réglementation et de la normalisation, elle a œuvré à l'élaboration de référentiels nationaux sur l'interopérabilité et la sécurité des systèmes d'information. Elle est notamment reconnue comme l'une des principales artisanes de l'Agrément Technique en matière Informatique (ATI), un dispositif visant à professionnaliser le secteur et à valoriser les compétences locales.
L'inclusion par l'accès aux outils
Consciente que la transformation digitale ne peut être effective sans une réduction de la fracture numérique, elle s'est également investie dans des programmes d'équipement, notamment l'initiative « Un étudiant, un ordinateur ». Aujourd'hui administratrice de technologies pour le développement (T4D) à l'UNICEF, elle continue de promouvoir l'usage du numérique pour répondre à des enjeux sociaux critiques, tels que l'enregistrement des naissances ou l'accès aux soins de santé, confirmant sa conviction que la technologie n'est qu'un moyen au service du progrès collectif.