Le président de la Commission économique et financière contre la corruption (EFCC) du Nigeria, Ola Olukoyede, a annoncé que plus de quarante agents ont été licenciés pour pratiques corruptives et que cinq d'entre eux font actuellement l'objet de poursuites judiciaires. Cette vague de sanctions s'accompagne d'une refonte du dispositif interne de l'EFCC, visant à renforcer l'intégrité et la transparence au sein de l'institution.
Des licenciements massifs et des poursuites en cours
Lors d'une séance de presse à Abuja, marquant le troisième anniversaire de son mandat, Olukoyede a indiqué que, depuis près de trois ans, il avait ordonné le renvoi de plus de quarante employés pour corruption ou mauvaise gestion financière. Parmi eux, cinq sont déjà jugés, tandis que d'autres dossiers sont en cours de constitution pour être portés devant les tribunaux. Le président a souligné que ces affaires sont publiques et invitait le public à suivre les procédures judiciaires.
Renommage du service interne et nouvelle politique de cadeaux
Dans le cadre d'une « nettoyage interne », l'EFCC a rebaptisé son ancien département des affaires internes en Département de l'éthique et de l'intégrité. Cette réorganisation s'accompagne de l'adoption d'une politique de cadeaux qui oblige le personnel à déclarer tout présent d'une valeur supérieure à un seuil fixé, qu'il provienne d'amis, de proches ou d'entités étrangères. La mesure prévoit également la définition de catégories de cadeaux acceptables et l'obligation pour les agents de justifier leurs sources de revenus et leur niveau de vie.
Appel à des réformes institutionnelles plus larges
Olukoyede a rappelé que la lutte contre la criminalité financière ne peut se reposer uniquement sur l'application de la loi. Selon lui, le système le plus efficace repose sur des réformes politiques et institutionnelles qui colmatent les fuites de gouvernance. Il a donc exhorté les médias et la société civile à reprendre pleinement leur rôle de contre-pouvoir, afin de garantir une surveillance continue des pratiques publiques.
Implications pour la gouvernance nigériane
Ces actions internes de l'EFCC s'inscrivent dans un contexte plus large de pression nationale et internationale pour améliorer la gouvernance et la lutte contre la corruption au Nigeria. En affichant une volonté de sanctionner ses propres rangs, l'agence cherche à restaurer la confiance du public et à montrer que les standards d'intégrité qu'elle impose aux citoyens s'appliquent également à ses agents. La suite de ces procédures, notamment les verdicts des tribunaux, sera scrutée comme un indicateur de la capacité du pays à mettre en œuvre des réformes structurelles durables.