La gestion de l'orpaillage illégal, phénomène connu sous le nom de "galamsey", cristallise les critiques au Ghana. Le Dr Solomon Owusu a récemment interpellé le président Mahama, jugeant inefficaces les appels à la coopération des chefs traditionnels et les méthodes répressives actuelles face à la dégradation continue des ressources hydriques et foncières.
L'impasse de la collaboration avec les autorités coutumières
Le Dr Owusu conteste ouvertement la stratégie présidentielle consistant à solliciter l'appui des chefs traditionnels des zones minières. Selon lui, cette approche ignore une réalité de terrain où certains dignitaires seraient impliqués dans l'octroi de terres ou le prélèvement de taxes auprès des orpailleurs illégaux. Il souligne que ces autorités coutumières ne disposent pas des prérogatives régaliennes nécessaires pour endiguer le phénomène, contrairement à l'exécutif qui détient les leviers de l'État pour agir sans complaisance.
L'échec des approches purement sécuritaires
L'analyse pointe une continuité problématique entre les administrations successives. L'usage de la force militaire, à travers des opérations telles que "Vanguard" ou "Halt", n'a pas permis d'enrayer la pollution des cours d'eau. Le Dr Owusu soutient que la distinction entre mineurs artisanaux licenciés et orpailleurs illégaux est artificielle, car les deux catégories contribuent à la dégradation environnementale en l'absence de procédures opérationnelles standardisées (SOP). Il insiste sur le fait que la répétition de stratégies ayant déjà échoué sous le précédent gouvernement ne saurait produire des résultats différents.
Le défi du financement et de l'expertise technique
Au-delà de la méthode, c'est l'adéquation des moyens financiers qui est remise en cause. Le Dr Owusu relève un décalage criant entre les besoins exprimés par le ministère des Terres, estimés à 10 milliards de dollars, et l'allocation budgétaire effective de 12,5 millions de dollars, soit environ 0,13 % des besoins. Cette sous-dotation est interprétée comme un manque de volonté politique réelle. L'expert suggère une réorientation des fonds de Goldbod, institution qui bénéficie largement de la production artisanale, vers le ministère des Terres et des Ressources naturelles pour financer des solutions techniques permettant une exploitation minière responsable et moins invasive.
Une échéance politique déterminante
À l'approche de l'échéance de 2027, le gouvernement est mis face à ses engagements électoraux. Le Dr Owusu appelle à une dépolitisation du dossier et à une transition vers une approche technique rigoureuse. Pour l'administration actuelle, le temps presse : la capacité à transformer ces promesses en résultats concrets avant la fin du mandat est perçue comme le seul moyen de restaurer la confiance des citoyens, lassés par des années de discours sans impact visible sur la préservation de l'environnement national.