Face à la recrudescence du travail forcé et du trafic d'enfants, le révérend Samuel Anthony Kofi Dunya appelle à une mobilisation nationale au Ghana. Il exhorte les autorités, les chefs traditionnels et les institutions religieuses à briser le silence entourant ces pratiques pour garantir la sécurité et l'éducation des plus vulnérables.
Sortir l'exploitation infantile de la sphère privée
Le révérend Dunya, s'exprimant lors de la Southern Justice Conference dans le district de Mepe North Tongu, a fermement rejeté l'idée que l'exploitation des mineurs relève de la vie privée des familles. Selon lui, le travail des enfants devient une forme d'esclavage dès lors qu'il compromet la santé, la dignité et le développement scolaire de l'enfant. Il insiste sur le fait que les enfants ne doivent en aucun cas être considérés comme des outils économiques ou des monnaies d'échange pour éponger des dettes familiales.
Vigilance accrue face aux promesses trompeuses
L'appel s'adresse particulièrement aux parents, souvent ciblés par des intermédiaires promettant une éducation ou un emploi en ville à leurs enfants. Le révérend met en garde contre ces arrangements opaques et souligne la nécessité de vérifier systématiquement les conditions d'accueil et le maintien de la scolarité. Il encourage les communautés à repérer les signaux d'alerte : déscolarisation soudaine, déplacements suspects entre régions ou signes de peur et de maltraitance chez les mineurs.
Un rôle actif pour les autorités et les leaders communautaires
Pour endiguer ce phénomène, une collaboration étroite est jugée indispensable entre les services sociaux, la police, les autorités traditionnelles et les chefs religieux. Le révérend Dunya appelle les chefs coutumiers et les reines-mères à utiliser leur influence pour renforcer les systèmes de protection locaux. Il souligne que le sauvetage des victimes n'est qu'une première étape : il doit impérativement être suivi d'un accompagnement psychosocial, d'une réinsertion scolaire et d'un renforcement des structures familiales.
L'engagement concret des institutions religieuses
Le plaidoyer cible également les églises, invitées à dépasser la simple prière pour devenir des acteurs de terrain. Le révérend suggère la mise en place de canaux de signalement sécurisés au sein des paroisses et une formation des leaders religieux pour identifier les abus. Il insiste sur la nécessité d'offrir un environnement protecteur aux survivants, exempt de toute stigmatisation, tout en exigeant que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice, indépendamment de leur statut social ou de leur influence au sein de la communauté.