Lutte contre la rage : le laboratoire Ceva mise sur la vaccination orale des chiens errants pour protéger les populations

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 14 lectures
Lutte contre la rage : le laboratoire Ceva mise sur la vaccination orale des chiens errants pour protéger les populations

Alors que la rage continue de causer près de 60 000 décès humains chaque année, dont une large part d'enfants, le laboratoire girondin Ceva Santé Animale préconise une approche préventive ciblée sur les chiens errants. En s'appuyant sur le concept « Une seule santé », l'entreprise propose d'étendre la technologie de vaccination orale, initialement utilisée pour éradiquer la maladie chez les renards en Europe, aux populations canines des zones les plus exposées, notamment en Afrique et en Asie.

Une stratégie basée sur l'immunité collective

La méthode repose sur l'utilisation d'appâts vaccinaux, une technique qui permet de contourner la difficulté d'une vaccination individuelle par injection. Lorsqu'un animal consomme l'appât, le vaccin libéré dans la cavité buccale déclenche une réponse immunitaire. Selon les experts, atteindre un taux de couverture vaccinale de 70 % au sein d'une population animale suffit à instaurer une immunité collective, brisant ainsi la chaîne de transmission vers l'humain, responsable de 99 % des cas de rage via des morsures ou des griffures.

Un levier économique pour la santé mondiale

Au-delà de l'enjeu sanitaire, le laboratoire met en avant une rationalisation des coûts. Marc Prikazsky, PDG de Ceva, estime que la vaccination orale des animaux à l'échelle mondiale nécessiterait un investissement annuel de 500 millions d'euros. Ce montant est nettement inférieur aux 9,5 milliards d'euros que représenterait la vaccination des populations humaines exposées. Des tests pilotes ont déjà été menés avec succès à Madagascar, au Sri Lanka et en Indonésie pour valider l'efficacité de ce déploiement à grande échelle.

Le défi du financement dans les zones vulnérables

La mise en œuvre de cette stratégie se heurte toutefois à la réalité financière des pays les plus touchés. Pour concrétiser ces programmes, le laboratoire appelle à une mobilisation internationale impliquant les États les plus riches, le mécénat privé et les organisations non gouvernementales. À titre d'exemple, le coût estimé pour vacciner deux millions de chiens au Sri Lanka sur une période de sept ans s'élève à 12 millions d'euros, une somme jugée accessible si elle est portée par une coopération internationale structurée.

La persistance du risque malgré l'éradication

Bien que la France soit officiellement indemne de rage depuis 2001, le risque demeure présent à travers les cas importés. En 2025, deux décès ont été enregistrés sur le territoire national, liés à des contaminations survenues lors de séjours au Maghreb. Ces incidents rappellent que la période d'incubation de la maladie, pouvant atteindre six mois, impose une vigilance constante, la rage restant mortelle à 100 % une fois les premiers symptômes, comme l'hydrophobie, déclarés.

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