L'USFP au Maroc face à une crise interne : transparence et argent au cœur des tensions avant les législatives

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
L'USFP au Maroc face à une crise interne : transparence et argent au cœur des tensions avant les législatives

Les investitures de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) pour les législatives de 2026 au Maroc révèlent des fractures internes autour de la transparence des critères de sélection et du rôle des contributions financières. Plusieurs militantes, dont des figures du parti, contestent les décisions du Bureau politique, accusant une procédure opaque et des pratiques discriminatoires.

Une procédure contestée sur fond de soupçons de corruption

La désignation des têtes de listes régionales pour les élections législatives du 23 septembre 2026 a provoqué une crise au sein de l’USFP. Plusieurs militantes, dont Meriem Jamal El Idrissi, ont démissionné ou menacé de recours judiciaires après avoir dénoncé des irrégularités dans le processus. Leurs accusations portent notamment sur des soupçons de versements d’argent en échange d’investitures, avec des montants évoqués entre 1,4 et 1,6 million de dirhams. La direction du parti rejette ces allégations, qualifiant les propos de « mensongers » et annonçant des poursuites pour atteinte à sa crédibilité.

Manal Tekal exige des preuves et une enquête indépendante

Membre du Bureau politique, Manal Tekal a mis en cause l’application des critères de sélection, affirmant que la contribution financière aurait pris une place « unique et décisive » dans les choix des commissions. Elle réclame l’accès aux procès-verbaux, aux grilles d’évaluation et aux documents ayant servi au classement des candidates, sans obtenir de réponse. Pour rétablir la confiance, elle propose la création d’une commission indépendante chargée de vérifier le respect des quatre critères officiels : compétence, parcours militant, rayonnement social et contribution financière. Le Bureau politique a suspendu son adhésion en attendant les résultats des élections, une décision qu’elle conteste sur le plan juridique et réglementaire.

Le Bureau politique campe sur ses positions

Face aux contestations, la direction de l’USFP défend une procédure conforme à ses statuts et à son règlement intérieur, validée à l’unanimité par son organe dirigeant. Elle affirme que les décisions des commissions ont été prises de manière « fraternelle » et que les règles ont été portées à la connaissance des militantes. Le parti minimise les tensions, appelant à l’unité en vue des législatives. Pourtant, les accusations de partialité et de manque de transparence persistent, alimentant un climat de défiance au sein des rangs socialistes.

Un conflit qui interroge la gouvernance interne

Au-delà des investitures, cette crise soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de l’USFP. Manal Tekal dénonce l’absence de mise à disposition des textes réglementaires depuis le dernier congrès, estimant que la transparence des règles est une condition de la bonne gouvernance. Les militantes en désaccord avec les décisions pourraient saisir la justice pour contester la légalité des suspensions ou des procédures. À moins d’un mois du scrutin, l’USFP doit désormais gérer ces tensions tout en préparant sa campagne, sous peine de voir ses divisions affaiblir son influence politique.

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