L'engouement croissant pour l'intelligence artificielle dans la gestion de patrimoine se heurte à une réalité technique préoccupante. Une étude récente souligne que les outils d'IA générative, bien qu'utilisés par une part significative d'épargnants, produisent des données financières erronées dans 40 % des cas, posant un risque réel pour la sécurité des investissements.
Une fiabilité des données en question
L'analyse des résultats semestriels des entreprises du CAC 40 par les cabinets Reputation Age et Bubbling met en lumière les limites actuelles de ChatGPT et Gemini. Ces outils, qui puisent pourtant 78 % de leurs informations directement sur les sites des émetteurs, peinent à restituer des données financières précises. Les erreurs constatées vont de la simple confusion à l'invention pure et simple de chiffres, en passant par l'utilisation de résultats obsolètes. Cette imprécision est particulièrement marquée sur des indicateurs techniques complexes, tels que le produit net bancaire.
Les limites du conseil automatisé
Au-delà de l'exactitude des chiffres, les professionnels de la finance alertent sur l'inadaptation des recommandations générées par l'IA. Selon la CNCEF Patrimoine, une stratégie d'investissement ne peut se résumer à un algorithme, car elle doit impérativement intégrer des paramètres humains cruciaux : l'âge de l'épargnant, son horizon de placement et sa tolérance au risque. L'IA, en omettant ces variables déterminantes, propose des allocations qui, bien qu'apparemment cohérentes, peuvent s'avérer inadaptées à la situation patrimoniale réelle de l'utilisateur.
La protection des données sensibles
L'utilisation de ces outils soulève également une problématique majeure de confidentialité. Pour obtenir des conseils personnalisés, les utilisateurs sont incités à partager des informations hautement sensibles, incluant la composition de leur patrimoine, leurs revenus et leurs dettes. Cette pratique expose les épargnants à des risques accrus de fuite de données ou d'exploitation malveillante. Les experts recommandent donc de considérer les réponses de l'IA comme une simple base de recherche exploratoire, tout en privilégiant la consultation de professionnels qualifiés pour toute décision financière significative, dans un cadre sécurisé et confidentiel.