L'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) a officiellement lancé le Laboratoire de photonique et d'optique du Ghana (GPOL). Cette infrastructure de pointe vise à doter le pays de capacités autonomes en matière d'analyse scientifique, essentielles pour les secteurs de la santé, de l'environnement et de l'industrie.
Une infrastructure au service de l'autonomie analytique
Le GPOL, hébergé par le département de physique de la KNUST, est conçu pour répondre à des besoins critiques en matière de mesure. Ses équipements permettent d'analyser la composition chimique de médicaments, de détecter des parasites dans des échantillons sanguins, d'évaluer la qualité de l'eau et des sols, ou encore de soutenir les infrastructures de télécommunications par fibre optique. Pour les autorités universitaires, cette installation marque une rupture avec la dépendance historique du Ghana envers les expertises et instruments étrangers pour valider ses propres décisions de sécurité et de commerce.
Un levier pour la recherche et l'industrie
Le projet, porté par les docteurs Akyana Britwum et Michael Kweku Edem Donkor avec le soutien financier de la société internationale SPIE, ambitionne de devenir un centre d'excellence régional. Le professeur Philip Antwi-Agyei souligne que ce laboratoire décloisonne les disciplines : chimistes, biologistes, médecins et ingénieurs peuvent désormais collaborer pour appliquer les technologies de la lumière à des problématiques locales concrètes. Avec un marché mondial de la photonique estimé à 2 500 milliards de dollars en 2024, le développement de ces compétences est présenté comme une nécessité économique stratégique pour le continent africain.
Appel aux régulateurs et coopération internationale
Le Pro Vice-Chancelier de la KNUST, le professeur David Asamoah, a exhorté les institutions nationales telles que l'Autorité de régulation des médicaments (FDA) et l'Agence de protection de l'environnement à s'approprier ces outils de mesure locaux. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des capacités, illustrée par le lancement du laboratoire lors de l'école de photonique NYANSAPƆ. Cet événement a réuni 38 étudiants issus de six pays africains, encadrés par un corps professoral international, confirmant la volonté du Ghana de se positionner comme un hub de formation scientifique en Afrique de l'Ouest.