Les enseignants de l'université Ibrahim Badamasi Babangida (IBBU) de Lapai, dans l'État du Niger, ont suspendu leurs activités académiques pour une durée indéterminée. Cette décision fait suite à l'échec des négociations avec les autorités locales concernant l'application des dispositions prévues par l'accord fédéral de 2025 entre le gouvernement et le syndicat ASUU.
Un retard sur le plan national
Le président de la section locale de l'ASUU, Galadima Bala, a justifié cette mesure radicale par l'absence de progrès malgré de multiples tentatives de dialogue. Le syndicat souligne que l'État du Niger fait figure d'exception négative : à ce jour, seize universités publiques à travers le pays, notamment dans les États de Bauchi, Gombe, Benue, Yobe, Osun, Ekiti, Kano et Nasarawa, ont déjà entamé la mise en œuvre des clauses de cet accord national. Pour le corps enseignant, ce retard expose l'institution à une perte de compétitivité et à une instabilité durable.
Le risque de fuite des cerveaux
Au-delà des revendications salariales et statutaires, le syndicat alerte sur les conséquences structurelles de cette inaction gouvernementale. L'ASUU pointe du doigt le risque accru de départ des enseignants vers des établissements plus attractifs, un phénomène déjà observé dans d'autres universités nigérianes. Selon les représentants syndicaux, le délaissement du secteur éducatif par les autorités locales menace non seulement la qualité de la formation, mais pourrait également avoir des répercussions sur le développement socio-économique et la sécurité régionale.
Les conditions d'une reprise
Malgré l'arrêt total des cours, le syndicat maintient une porte ouverte à la négociation. Galadima Bala a précisé que le mouvement sera levé dès lors que le gouvernement de l'État du Niger apportera des preuves tangibles de son engagement à respecter les termes de l'accord. En attendant une issue favorable, l'ASUU-IBBU a appelé ses membres à la discipline, tout en reconnaissant les perturbations majeures que cette grève impose aux étudiants et aux familles, soulignant que cette action est perçue comme un dernier recours pour garantir la pérennité du système universitaire public.