Le Syndicat national des enseignants-chercheurs (SNEC) de l'Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) a décidé de prolonger son mouvement de grève. Cette décision, prise en assemblée générale, souligne l'impasse persistante entre le corps enseignant et les autorités sur des questions financières et structurelles majeures.
Le blocage financier des vacations
Au cœur du conflit se trouve le paiement des vacations, un enjeu crucial pour le fonctionnement de l'établissement. Bien qu'une enveloppe exceptionnelle de 700 millions de FCFA ait été débloquée suite à un audit présidentiel, le syndicat juge cette somme insuffisante pour apurer les dettes accumulées. La situation est d'autant plus critique que les vacataires constituent environ 45 % du personnel enseignant. À cela s'ajoute le cas préoccupant de jeunes enseignants qui, selon le SNEC, cumulent jusqu'à trois années d'arriérés de salaires.
Des infrastructures académiques en souffrance
Au-delà des revendications salariales, le syndicat pointe du doigt des carences matérielles persistantes sur le campus de Franceville. Si les travaux de réhabilitation sont reconnus, le SNEC estime que les conditions d'apprentissage restent précaires. Les besoins urgents incluent l'équipement des laboratoires, l'installation de mobilier dans les salles de cours et la remise à niveau de la salle polyvalente, autant d'éléments jugés indispensables pour une reprise normale des activités pédagogiques.
Un calendrier académique sous haute tension
La poursuite de ce mouvement social fait peser une menace réelle sur l'année universitaire 2025-2026, qui accuse déjà un retard significatif. Cette instabilité impacte directement les étudiants, notamment ceux dont le cursus dépend de stages obligatoires. Pour les nombreux apprenants originaires d'autres provinces, cette situation engendre également des difficultés logistiques et financières liées à la prolongation de leur séjour à Franceville. Si le Dr Ferdinand Evoung Evoung, président du SNEC-USTM, réaffirme la volonté du syndicat de maintenir le dialogue, la résolution de cette crise demeure suspendue à de nouvelles négociations avec les autorités compétentes.