La quatrième édition du colloque annuel de l'Université de l'éducation de Winneba a mis en lumière les défaillances structurelles qui entravent la préservation des ressources naturelles au Ghana. Académiques et autorités traditionnelles ont souligné la nécessité d'intégrer la science et la rigueur politique pour stopper la dégradation des écosystèmes nationaux.
Le binôme corruption et retard technologique
Lors de son intervention, le professeur Kwabena Frimpong-Boateng, ancien ministre de l'Environnement, a identifié deux freins majeurs au développement durable du pays : la corruption endémique et un déficit criant de capacités technologiques. Selon lui, le fossé de pauvreté est intrinsèquement lié à ce retard technologique. Il a plaidé pour une refonte de la planification nationale, où la science et l'innovation ne seraient plus des variables d'ajustement, mais le socle permettant au pays de subvenir aux besoins fondamentaux de sa population, de la santé à la production industrielle.
Le rôle pivot des autorités traditionnelles
Baffour K.S. Sikabede, chef d'Akyem Essase, a appelé à un changement de paradigme dans la gestion des terres. Il exhorte les agences étatiques à impliquer les autorités coutumières en amont de l'octroi des concessions minières, et non une fois les dommages environnementaux constatés. En affirmant son opposition formelle à toute exploitation minière illégale sur ses terres, il a illustré la volonté des chefs traditionnels de devenir des partenaires actifs de la protection environnementale, à condition d'être dotés des ressources nécessaires par l'État.
L'impératif d'une application équitable de la loi
Le débat a également porté sur l'arsenal législatif existant, jugé suffisant mais mal appliqué. Les intervenants ont insisté sur le manque de courage politique nécessaire pour faire respecter les lois environnementales sans distinction. L'enjeu est de taille : il s'agit de traiter avec la même fermeté les petits exploitants illégaux et les détenteurs de concessions bénéficiant de soutiens politiques. Face à la destruction croissante des forêts, des terres agricoles et des cours d'eau, le colloque a rappelé que la durabilité environnementale du Ghana dépend désormais de la capacité des institutions à concilier décisions politiques et impératifs écologiques.