L’Université de Pretoria innove pour briser les préjugés et ouvrir les portes des sciences aux jeunes filles, notamment celles issues de milieux défavorisés. Son programme « Girls in STEM » mise sur le mentorat et la formation pour contrer les barrières sociales et culturelles qui freinent l’accès des femmes aux carrières scientifiques.
Un programme né des stéréotypes persistants
En Afrique du Sud, comme dans de nombreux pays, les stéréotypes de genre continuent de peser sur les choix éducatifs et professionnels des jeunes filles. Les discours dominants associent souvent les sciences et les mathématiques à des domaines « masculins », reléguant les femmes à des rôles perçus comme plus « traditionnels », tels que l’enseignement ou les métiers du soin. Ces préjugés, transmis de génération en génération, limitent les aspirations des jeunes filles et réduisent leur accès à des secteurs porteurs d’emplois et d’innovation.
Le programme « Girls in STEM » de l’Université de Pretoria s’attaque directement à ces obstacles en offrant un accompagnement personnalisé. Les participantes bénéficient de sessions de mentorat, de formations techniques et d’un soutien psychologique pour renforcer leur confiance en leurs capacités scientifiques. L’objectif est double : non seulement élargir les horizons professionnels des jeunes filles, mais aussi contribuer à diversifier les talents dans des secteurs cruciaux pour le développement économique du continent.
Vers une transformation durable des mentalités
Si les avancées restent inégales, des signes encourageants émergent depuis une décennie. Les initiatives comme « Girls in STEM » s’inscrivent dans une dynamique plus large visant à rééquilibrer les représentations et à promouvoir l’égalité des chances. En ciblant spécifiquement les jeunes filles issues de communautés défavorisées, l’université comble un vide structurel : celui de l’accès à des ressources éducatives et professionnelles souvent réservées aux élites.
Cette approche proactive pourrait inspirer d’autres institutions africaines, confrontées aux mêmes défis. À l’échelle continentale, où les femmes restent sous-représentées dans les filières scientifiques, de tels programmes pourraient jouer un rôle clé dans la réduction des inégalités de genre. Leur succès dépendra cependant de leur pérennité et de leur capacité à s’adapter aux réalités socio-économiques locales. Une chose est sûre : l’éducation des filles en STEM n’est plus une option, mais une nécessité pour bâtir des sociétés plus justes et innovantes.