Face à la recrudescence de l'épidémie d'Ebola dans la province de la Tshopo, l'Université de Kisangani (UNIKIS) a pris la décision radicale de suspendre l'ensemble des stages cliniques de sa Faculté de médecine pour une durée de 30 jours. Cette mesure conservatoire vise à limiter l'exposition directe des étudiants au virus, dans un contexte où les structures de santé peinent à garantir des conditions de sécurité sanitaire minimales.
Une décision motivée par un décès aux urgences
La décision du rectorat, officialisée le 14 octobre 2026, fait suite au décès d'un patient admis aux urgences des Cliniques universitaires de Kisangani. Les analyses post-mortem ont confirmé que le patient était porteur du virus Ebola. Cet événement a mis en lumière la vulnérabilité des étudiants en médecine, placés en première ligne sans bénéficier de protections adéquates, alors que la province enregistre déjà 63 cas confirmés et 26 décès depuis le début de l'épidémie il y a quatre mois.
La pénurie critique d'équipements de protection
L'administration universitaire justifie cette interruption par l'impossibilité de sécuriser les stagiaires. Le communiqué souligne une carence manifeste en équipements de protection individuelle (EPI) en quantité suffisante pour couvrir les besoins des étudiants. Cette situation s'ajoute à des conditions de travail jugées rudimentaires dans les centres de soins, rendant le risque de contamination particulièrement élevé pour les futurs praticiens.
Des alertes syndicales sur la riposte sanitaire
Cette suspension intervient dans un climat de tension sociale et sanitaire. Dès le 26 septembre, les syndicats de médecins de la Tshopo avaient déjà alerté les autorités sur les failles majeures de la riposte locale. Ils déploraient notamment le manque criant de personnel qualifié, l'absence de solutions hydroalcooliques et de points d'eau, ainsi que la pénurie persistante d'EPI pour les prestataires de santé. La mesure prise par l'UNIKIS souligne l'urgence de renforcer les moyens logistiques et matériels au sein des établissements de santé de la province pour endiguer la propagation du virus.