Le vice-chancelier de l'Université de Calabar, le professeur Offiong Offiong, a de nouveau empêché l'accès à la chapelle de la Rédemption aux fidèles ce dimanche. Cette décision, exécutée par le personnel de sécurité du campus, intervient en dépit d'une injonction de la Haute Cour fédérale ordonnant le respect des activités cultuelles sur le site.
Une injonction judiciaire ignorée
La Haute Cour fédérale avait émis, le 4 août dernier, une injonction interdisant formellement au vice-chancelier d'entraver les activités de la chapelle ou d'en verrouiller les accès. Cette mesure, maintenue lors d'une audience le 20 août, visait à garantir la continuité du culte en attendant l'examen du dossier prévu pour le 2 septembre. Malgré ce cadre légal, les agents de sécurité ont reçu l'ordre direct de la direction de l'université de bloquer l'entrée des fidèles, les contraignant à organiser leur office sur la voie publique, à proximité du campus.
Une restructuration interne contestée
Ce blocage s'inscrit dans un conflit plus large initié par le vice-chancelier. Le professeur Offiong a procédé à des changements unilatéraux au sein de l'organisation religieuse, notamment le renvoi du révérend Joseph Ushie de son poste de chapelain et son expulsion de son logement de fonction. Parallèlement, le président du conseil de l'église, le professeur Essien Oku, a été suspendu et le conseil lui-même dissous. Ces décisions, jugées contraires à la constitution interne de l'église, ont mené à la nomination d'un comité de gestion intérimaire, déclenchant ainsi la procédure judiciaire en cours.
La tension entre autorité administrative et droits fondamentaux
Pour les membres du conseil de l'église, cette situation soulève un enjeu majeur de respect des libertés publiques au sein de l'espace universitaire. Le secrétaire du conseil, Imo Nse, a réaffirmé la volonté des fidèles de se conformer à la loi tout en exigeant la garantie de leur droit de culte. De son côté, le personnel de sécurité, représenté par le chef adjoint Monday Johnson, a justifié l'expulsion des fidèles par l'exécution d'ordres hiérarchiques stricts, soulignant la pression exercée sur les employés de l'université dans ce bras de fer institutionnel. L'issue de cette affaire dépend désormais de la prochaine audience judiciaire, qui devra trancher sur la légitimité des interventions de la direction universitaire dans la gestion de la chapelle.