Le deuxième trimestre 2026, l'Union européenne a vu le coût mensuel de ses importations de pétrole bondir de 55,8 % pour atteindre 27,6 milliards d’euros, soit près de 10 milliards d’euros de plus qu’en 2025. Cette hausse se produit alors que le volume importé reste quasi stable, révélant l’impact d’une flambée des prix du brut.
Une facture qui explose malgré un volume quasi inchangé
Au cours du même trimestre, les importations de pétrole brut ont progressé de seulement 1,2 % (de 36,3 à 36,7 millions de tonnes par mois). Le coût moyen par tonne est passé de 487 € à 750 €, un niveau proche du pic de 2022. Sur l’ensemble du trimestre, la dépense totale de l’UE pour le pétrole a atteint 82,7 milliards d’euros, contre 50,3 milliards l’an précédent, alors que les quantités importées n’ont varié que de 105,2 à 110,2 millions de tonnes.
Tensions au Moyen‑Orient et rôle du détroit d’Ormuz
Les experts attribuent la hausse à la flambée du prix du Brent, qui a augmenté de 49,5 % entre 2025 et le deuxième trimestre 2026, soit 34 dollars de plus par baril. La guerre impliquant les États‑Unis, Israël et l’Iran a perturbé l’acheminement du pétrole à travers le détroit d’Ormuz, qui représente près de 20 % de l’offre mondiale quotidienne. Lorsque cette portion d’approvisionnement est réduite, les prix s’ajustent à la hausse pour rééquilibrer le marché mondial.
Répercussions sur les prix à la pompe et le pouvoir d’achat
Les automobilistes ressentent immédiatement cette hausse : le diesel, à 1,54 € le litre en janvier 2026, a franchi les 2 € en mars et atteint 2,24 € fin septembre, soit 38 % de plus qu’au début de l’année. L’essence a suivi une trajectoire similaire, culminant à 2,10 € le litre. Un plein de 50 litres de diesel coûte désormais environ 107 €, contre 77 € en janvier, réduisant le budget disponible des ménages pour l’alimentation et d’autres biens de consommation.
Perspectives : une facture élevée pour les mois à venir
Les analystes ne prévoient pas de retournement rapide. Le professeur Xiaoyi Mu estime que, tant que le conflit persiste, les coûts resteront élevés, voire augmenteront avec la hausse des frais de transport maritime et d’assurance. Szymon Kardas anticipe que les pressions sur les prix du pétrole pourraient se prolonger jusqu’en 2027, tandis que Wolfgang Eichhammer souligne le risque d’une nouvelle hausse si la demande mondiale, notamment en Asie, continue de croître. Ainsi, la facture énergétique de l’UE devrait rester un facteur de tension économique et sociale pendant plusieurs trimestres.