Le Parlement européen s'apprête à valider une mesure de soutien économique d'envergure pour l'Arménie, visant à contrer les restrictions commerciales imposées par la Russie. Ce dispositif prévoit la suspension, pour une durée de deux ans, des droits de douane sur près de 80 % des exportations arméniennes vers le marché unique européen.
Un levier face à la pression de Moscou
Depuis le mois de mai, le Kremlin multiplie les entraves aux échanges avec l'Arménie, invoquant des motifs sanitaires pour bloquer des produits agricoles et perturbant le transit de marchandises sur son territoire. Ces mesures de rétorsion interviennent dans un contexte de réorientation politique d'Erevan vers l'Occident. Pour l'Arménie, dont la Russie représentait 35,5 % du commerce extérieur en 2025, cette situation menace directement la stabilité économique, avec une contraction du PIB pouvant atteindre 2 % selon les projections de la banque centrale arménienne.
Réorienter les exportations vers l'Europe
La proposition de la Commission européenne, soutenue par sa présidente Ursula von der Leyen, vise à offrir un débouché alternatif aux producteurs arméniens. L'exemption douanière concerne une vaste gamme de produits, incluant les fruits, les légumes, les fleurs, les spiritueux et certains produits chimiques. Si l'UE ouvre ainsi son marché de 450 millions de consommateurs, elle maintient toutefois des quotas pour certaines denrées sensibles comme les abricots, les raisins ou les concombres. Certains secteurs, tels que les céréales, les vins et l'aluminium, restent exclus de cette libéralisation.
Conditions et garanties de sécurité
Ce soutien européen est assorti de conditions strictes : les autorités arméniennes devront garantir le respect des règles d'origine des produits et coopérer activement pour prévenir toute fraude. Par ailleurs, Bruxelles a intégré des clauses de sauvegarde permettant de suspendre ces avantages si les importations arméniennes venaient à déstabiliser le marché d'un État membre. Cette initiative s'inscrit dans un rapprochement plus large entre Erevan et Bruxelles, alors que le Premier ministre Nikol Pachinian a officiellement exprimé l'intention de son pays de se porter candidat à l'adhésion à l'Union européenne, une perspective que Moscou juge incompatible avec les engagements actuels de l'Arménie au sein de l'Union eurasiatique.