L'Union européenne a officiellement écarté la proposition d'accorder au Canada le statut de « membre associé », préférant opter pour une formule de coopération plus flexible. Cette décision, actée à la veille du sommet de Montréal, marque un recul diplomatique face aux réticences exprimées par plusieurs États membres, dont l'Allemagne, tout en maintenant l'objectif d'un rapprochement stratégique entre Ottawa et Bruxelles.
Le retrait d'une proposition controversée
Initialement avancée en septembre par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l'idée d'une association formelle visait à renforcer les liens transatlantiques dans un contexte de tensions avec l'administration américaine. Cependant, cette perspective a suscité des divisions au sein du bloc européen. Sous l'impulsion du chancelier allemand Friedrich Merz et d'autres dirigeants, les termes « membre associé » ont été supprimés de la déclaration commune finale, les diplomates privilégiant désormais la notion d'une « association toujours plus étroite ».
Des enjeux économiques sous pression américaine
Pour le Premier ministre canadien Mark Carney, ce sommet représente une étape cruciale pour diversifier les partenariats économiques de son pays. Face aux tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump, le Canada cherche activement à réduire sa dépendance sécuritaire et commerciale vis-à-vis des États-Unis. La menace de représailles américaines, le président Trump ayant qualifié cette initiative de « risible » et potentiellement « hostile », a pesé sur les négociations, poussant les deux parties à adopter une terminologie plus prudente.
Vers une coopération technique concrète
Malgré l'abandon du statut formel, le sommet de Montréal acte le lancement de négociations devant s'étaler sur une année. La déclaration commune se concentre désormais sur des projets opérationnels : le développement d'infrastructures de câbles sous-marins pour améliorer la connectivité avec l'Asie, une étude de faisabilité sur l'exportation de gaz naturel liquéfié canadien vers l'Europe, ainsi que des mesures facilitant la mobilité professionnelle des jeunes travailleurs. Pour le gouvernement canadien, l'essentiel réside dans ces résultats tangibles plutôt que dans la nomenclature diplomatique.