Bruxelles a qualifié d’« idéale très mauvaise » la proposition de Donald Trump d’interdire les exportations de diesel américain, rappelant que toute rupture d’approvisionnement pourrait aggraver la flambée des prix en Europe et nuire aux deux parties.
Position officielle de la Commission européenne
Le porte‑parole de la Commission, Olof Gill, a déclaré que les partenaires proches doivent se consulter avant d’adopter des mesures susceptibles d’impacter les marchés partagés. Il a souligné que « toute perturbation risquerait d’avoir des conséquences négatives pour les deux parties », et a indiqué que des contacts de haut niveau entre l’Union européenne et l’administration américaine sont déjà en cours pour désamorcer le différend.
Le diesel américain, pilier des approvisionnements européens
Depuis la guerre au Moyen‑Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, la part du diesel produit aux États‑Unis dans les importations européennes a fortement augmenté. Selon la Commission, il représentait 50 % du diesel importé par les vingt‑sept États membres en août. Cette dépendance accrue intervient alors que les prix du carburant atteignent des niveaux records, avec une moyenne de 2,23 € le litre, contre 2,16 € une semaine plus tôt. Une coupure soudaine des livraisons américaines serait donc perçue comme une « catastrophe » pour le marché européen.
Motivations américaines et risques de rétorsion
Donald Trump a exprimé son soutien à une interdiction des exportations de diesel afin de freiner la hausse des prix aux États‑Unis, en particulier pour les transporteurs routiers et les agriculteurs, à l’approche des élections législatives de mi‑mandat de novembre. Certains responsables politiques américains partagent cette position, mais la Commission européenne rappelle que même au sein du débat américain, des voix influentes jugent la mesure « très mauvaise idée ».
Perspectives de dialogue et d’ajustement
Face à ces tensions, Bruxelles mise sur le dialogue. Les discussions en cours visent à identifier des solutions qui préservent la stabilité du marché du diesel tout en répondant aux pressions internes aux États‑Unis. L’enjeu dépasse le simple prix du carburant : il touche à la sécurité énergétique du continent, à la compétitivité des secteurs dépendants du transport routier et à la crédibilité des engagements multilatéraux en matière de commerce.