Face à la montée en puissance fulgurante des constructeurs chinois sur le segment des véhicules hybrides, l'Union européenne a décidé d'imposer un plafond annuel d'importation fixé à 350 000 unités. Cette mesure vise à endiguer une stratégie commerciale qui permet aux marques asiatiques de contourner les surtaxes douanières appliquées aux modèles 100 % électriques.
Une stratégie de contournement des barrières douanières
Depuis 2024, Bruxelles applique des droits de douane additionnels pouvant atteindre 35,3 % sur les véhicules électriques importés de Chine, en complément des taxes habituelles de 10 %. Pour maintenir leur compétitivité et leur présence sur le marché européen, des constructeurs comme BYD, MG, Jaecoo ou Omoda ont massivement réorienté leur offre vers les motorisations hybrides, un segment jusqu'ici épargné par ces mesures protectionnistes. Cette transition rapide a permis aux marques chinoises de capter une part croissante des ventes européennes, échappant ainsi aux barrières tarifaires conçues pour protéger l'industrie locale.
Une progression fulgurante des parts de marché
L'efficacité de cette stratégie est illustrée par les chiffres récents du cabinet Dataforce. En août 2026, les marques chinoises représentaient plus de 11 % des ventes totales de voitures neuves en Europe. Plus spécifiquement, sur le segment des hybrides, elles ont atteint une part de marché de 25,45 %, soit un véhicule sur quatre. La domination est encore plus marquée sur le créneau des hybrides rechargeables, où un véhicule sur trois est désormais d'origine chinoise, contre seulement 3 % un an auparavant.
Un frein brutal aux ambitions chinoises
Le volume des importations illustre l'urgence perçue par les autorités européennes : alors que 300 000 véhicules hybrides chinois ont été importés en 2025, les projections pour 2026 atteignent 800 000 unités, soit une augmentation de 167 %. Avec 380 000 véhicules déjà importés sur les sept premiers mois de l'année, le plafond de 350 000 unités prévu pour 2027 représenterait une réduction drastique de 56 % par rapport aux volumes attendus cette année. Pour accompagner cette transition, Bruxelles prévoit toutefois une révision progressive du quota, avec une augmentation annuelle de 6 % sur les trois années suivantes.