L'instauration d'une taxe européenne de trois euros sur les petits colis importés, en vigueur depuis le 1er juillet, produit des effets immédiats sur le commerce en ligne. En un mois, les importations en provenance de Chine ont reculé de 30 à 40 % au sein de l'Union européenne, marquant un coup d'arrêt à une croissance exponentielle des volumes.
Un mécanisme fiscal pour réguler les flux
Le dispositif cible spécifiquement les produits de moins de 150 euros, en appliquant une taxe de trois euros par catégorie d'article contenue dans un colis. Cette mesure vise directement les plateformes asiatiques comme Shein, Temu et AliExpress, qui bénéficiaient jusqu'ici d'une exonération douanière. Le volume d'importations, qui avait atteint 5,9 milliards de petits colis en 2025 — soit une multiplication par quatre en trois ans — est désormais directement impacté par cette nouvelle barrière tarifaire.
Adaptations stratégiques et changements de consommation
Les données douanières et bancaires confirment une mutation rapide des habitudes. Si les volumes de ventes ont chuté, le panier moyen a progressé de près de 30 % chez certains acteurs, les consommateurs cherchant à regrouper leurs achats pour limiter le coût de la taxe. De son côté, Shein semble tirer son épingle du jeu grâce à une logistique optimisée : l'entreprise utilise un vaste entrepôt en Pologne pour stocker ses marchandises en gros volume, contournant ainsi le statut de colis importé directement depuis la Chine.
Leçons d'un échec national au profit d'une réponse européenne
Ce succès contraste avec la tentative française isolée, lancée en mars dernier, qui avait échoué en raison du détournement des flux vers les pays voisins. Le gouvernement français souligne que l'harmonisation à l'échelle européenne a permis de neutraliser ces stratégies de contournement. Alors que les plateformes dénoncent des surcoûts pesant sur les ménages à faibles revenus, le dispositif actuel n'est qu'une étape : une réforme plus profonde du système douanier européen est attendue d'ici deux ans, complétée dès novembre par des frais de traitement supplémentaires.