La Commission européenne et le gouvernement chinois ont conclu un accord bilatéral visant à réguler le flux des véhicules hybrides vers le marché européen. En contrepartie d'une limitation volontaire des exportations chinoises, Pékin s'engage à fluidifier l'accès aux terres rares, des composants indispensables à la transition industrielle du Vieux Continent.
Un levier pour protéger le marché automobile européen
Face à l'absence de surtaxes spécifiques sur les modèles hybrides — contrairement aux véhicules 100 % électriques lourdement taxés — les constructeurs chinois avaient massivement orienté leurs exportations vers l'Europe. Le volume des importations a connu une progression fulgurante, passant de 3 800 unités en octobre 2024 à 50 000 en juillet 2026. Pour contrer cette dynamique, Bruxelles menaçait d'imposer des quotas stricts. Le compromis trouvé le 9 octobre prévoit une division par deux des exportations chinoises d'hybrides, permettant ainsi d'éviter une escalade protectionniste tout en préservant la compétitivité des constructeurs locaux.
La dépendance critique aux terres rares
Au-delà de l'automobile, cet accord souligne la vulnérabilité industrielle de l'Europe. Les terres rares, dont le néodyme et le dysprosium, sont essentielles à la fabrication d'aimants permanents utilisés dans les moteurs électriques et les éoliennes. La Chine, qui domine plus de 60 % de l'extraction mondiale et 92 % du raffinage, utilise ces licences d'exportation comme un levier de pression diplomatique. Depuis avril 2025, l'accès à ces ressources était devenu complexe pour les industriels européens, Pékin filtrant les demandes via un système de licences souvent ralenti.
Vers une souveraineté industrielle à long terme
Si la promesse chinoise de faciliter l'octroi des licences via un « canal vert » offre un répit immédiat, elle ne résout pas la dépendance structurelle de l'Europe. La Commission européenne maintient son objectif stratégique : transformer 40 % des besoins en matières premières critiques sur le sol européen d'ici 2030. En attendant, le dialogue se poursuit, avec une nouvelle échéance prévue en janvier prochain entre le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, et le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Ce dossier reste un point de vigilance majeur pour les chaînes d'approvisionnement technologiques européennes.