L'Union européenne envisage de restreindre l'accès des mineurs aux réseaux sociaux pour renforcer leur protection

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 16 lectures
L'Union européenne envisage de restreindre l'accès des mineurs aux réseaux sociaux pour renforcer leur protection

Face à la montée des risques liés à l'exposition numérique des plus jeunes, l'Union européenne travaille sur le projet « KIDS Act ». Cette initiative législative vise à instaurer une interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 13 ans et à imposer des restrictions fonctionnelles pour les adolescents âgés de 13 à 15 ans.

Un cadre législatif pour limiter les risques numériques

L'ambition principale de cette mesure est de répondre aux inquiétudes croissantes concernant la santé mentale et physique des mineurs. Le texte cible spécifiquement la dépendance aux écrans, le phénomène de « doomscrolling » ainsi que l'exposition à des contenus ou des contacts jugés nuisibles. Selon les données de l'Eurobaromètre, 91 % des citoyens européens réclament un encadrement plus strict de ces plateformes, avec une préférence marquée pour une interdiction d'accès sous un certain seuil d'âge, une mesure soutenue par 36 % des sondés.

Le défi de la responsabilité parentale

Le projet prévoit que pour les 13-15 ans, l'ouverture d'un compte ne puisse se faire sans l'aval et l'implication directe des parents. Ces derniers disposeraient d'un tableau de bord pour administrer le profil de leur enfant, incluant la possibilité de limiter le temps d'écran à une heure quotidienne. Cette approche soulève toutefois des critiques de la part d'organisations comme Terre des Hommes Netherlands. Celles-ci craignent que le dispositif ne déplace indûment la charge de la sécurité des entreprises technologiques vers les familles, au lieu d'imposer des normes de protection intégrées par défaut dans la conception même des applications.

Des préoccupations citoyennes hétérogènes

Si le consensus sur la nécessité d'agir est large, les priorités divergent au sein de l'Union. Le cyberharcèlement (71 %), la manipulation par des adultes (70 %) et l'exposition à des contenus nocifs (69 %) constituent les inquiétudes majeures des Européens. En revanche, la question de la conception addictive des plateformes, pourtant au cœur du KIDS Act, suscite une préoccupation moindre, avec 60 % de répondants inquiets. Cette perception varie significativement selon les pays : alors que le soutien à une interdiction d'âge atteint 49 % en Grèce, il chute à 27 % en Autriche, illustrant une approche contrastée de la régulation numérique à travers le continent.

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