La Commission européenne a officiellement ouvert une phase de consultation pour réviser le Code européen des visas, le cadre juridique régissant les séjours de courte durée dans l'espace Schengen. Ce chantier législatif, qui devrait aboutir à une proposition concrète début 2027, ambitionne de moderniser les procédures tout en intégrant des enjeux de sécurité et de coopération migratoire.
Une révision stratégique pour les demandeurs marocains
Avec 620 000 demandes enregistrées en 2025, le Maroc se positionne au cinquième rang mondial des pays sollicitant des visas Schengen. Cette réforme, bien qu'à un stade préliminaire, revêt une importance capitale pour le Royaume. Les autorités européennes cherchent à harmoniser les pratiques entre les États membres, ce qui pourrait modifier les conditions d'accès pour les voyageurs marocains, qu'il s'agisse de la tarification ou des critères d'éligibilité pour les visas à entrées multiples.
Vers une harmonisation des coûts et des accès
Parmi les pistes explorées par Bruxelles figure l'instauration d'une contribution financière additionnelle, venant s'ajouter aux 90 euros actuellement requis pour un visa de court séjour. Parallèlement, la Commission souhaite fluidifier la mobilité des voyageurs réguliers. L'objectif est de standardiser l'octroi des visas à entrées multiples en se basant sur l'historique de fiabilité des demandeurs, afin de réduire les disparités constatées entre les différents consulats nationaux.
Facilitation pour les entreprises et enjeux migratoires
Le volet professionnel est au cœur de cette réflexion : un mécanisme pourrait voir le jour pour identifier des entreprises certifiées, dont les salariés bénéficieraient de procédures accélérées, de rendez-vous prioritaires et d'un allègement des pièces justificatives. Toutefois, cette facilitation est indissociable d'une approche sécuritaire renforcée. La Commission envisage d'élargir les critères de coopération migratoire avec les pays tiers, incluant désormais la gestion des frontières et la lutte contre les réseaux de trafic de migrants comme leviers dans la politique d'octroi des visas.
Un calendrier législatif à long terme
Il est important de noter qu'aucune modification immédiate n'est à prévoir pour les demandeurs actuels. La consultation publique, ouverte jusqu'au 6 octobre, servira de base aux travaux de la Commission. Le processus législatif, qui impliquera les institutions européennes et les États membres, s'étendra sur plusieurs mois avant la présentation d'un projet de loi formel prévue pour le premier trimestre 2027.