L’Union européenne vient d’approuver un nouveau financement de 25 millions d’euros destiné à intensifier la coopération avec la partie orientale de la Libye, contrôlée par le commandant militaire Khalifa Haftar. Cette aide vise à renforcer la gestion des frontières, les opérations de recherche‑et‑sauvetage et la lutte contre le trafic de migrants, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à réduire les traversées irrégulières vers l’Europe.
Un financement de 25 M€ pour la zone contrôlée par Haftar
Le président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a signé une lettre officielle confirmant l’allocation de 25 millions d’euros (environ 29 millions de dollars) aux autorités de l’est libyen. Les fonds seront canalisés vers des projets de surveillance des côtes, des équipes de secours en mer et des programmes anti‑smuggling. Cette décision s’inscrit dans le prolongement d’un engagement croissant de Bruxelles avec les forces de sécurité de la région, qui ont vu leurs capacités renforcées depuis l’an dernier.
Contexte migratoire : la Libye, porte d’entrée majeure depuis 2011
Depuis le soulèvement de 2011 qui a renversé Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue le principal point de départ des migrants cherchant à traverser la Méditerranée. Le pays est aujourd’hui divisé entre un gouvernement reconnu à Tripoli et l’administration de l’est, dirigée par Haftar. Les départs depuis les zones contrôlées par ce dernier ont connu une hausse notable, poussant l’UE à élargir son champ d’action au-delà du seul Tripoli, même si elle ne reconnaît officiellement que ce gouvernement.
Stratégie européenne : coopération élargie et centre de coordination à Benghazi
En juillet, l’UE avait annoncé la création d’un Centre de coordination des secours maritimes (Maritime Rescue Coordination Centre) à Benghazi, première initiative de ce type dans l’est du pays. Ce centre, destiné à centraliser les opérations de sauvetage et à améliorer la communication entre les garde-côtes libyens et les autorités européennes, vient compléter le nouveau financement. L’objectif affiché est de réduire le nombre de traversées dangereuses et de décourager les réseaux de passeurs.
Objectifs et défis de la coopération
Von der Leyen a rappelé que la Libye reste le premier pays de départ pour les traversées illégales vers l’Union. L’UE, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), soutient également les retours volontaires des migrants vers leurs pays d’origine. Toutefois, la coopération avec Haftar soulève des questions de légitimité et de droits humains, compte tenu des accusations de violations dans les camps de migrants de l’est. L’UE devra donc concilier efficacité opérationnelle et respect des normes internationales tout en surveillant l’évolution des flux migratoires.