L’Union des producteurs agricoles (UPA) a adressé une lettre officielle au ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, pour exiger la suspension immédiate du projet de train à grande vitesse reliant Québec et Toronto, en invoquant des dépassements de coûts potentiels et la disponibilité d’alternatives moins onéreuses.
Une demande officielle au gouvernement fédéral
Dans son courrier du vendredi, le président de l’UPA, Martin Caron, a rappelé que l’opposition des agriculteurs à ce TGV n’est pas nouvelle, mais que la requête actuelle vise à « appliquer les freins » sur le dossier. Il a demandé que le gouvernement suspendte toutes les interventions de la société d’État Alto sur le terrain et qu’une étude indépendante compare le TGV au train à grande fréquence (TGF) envisagé sur les mêmes corridors.
Coûts estimés et proposition d’alternative
Alto estime le budget du TGV entre 60 et 90 milliards de dollars, une fourchette que l’UPA juge largement sous‑évaluée. Selon Caron, un TGF, qui exploiterait des voies déjà existantes, offrirait des gains similaires en fiabilité, fréquence et temps de trajet, tout en réduisant sensiblement les dépenses d’investissement et d’exploitation. L’UPA réclame donc une comparaison exhaustive couvrant les coûts, les risques de dépassement, l’achalandage, les retombées économiques, les impacts territoriaux et le coût d’opportunité.
Sondage Synopsis : l’opinion publique en mutation
Pour étayer son argumentaire, l’UPA a commandé à la firme Synopsis un sondage en ligne auprès de 1 100 Québécois, réalisé du 12 au 17 août. Les résultats montrent que le soutien au TGV chute de 69 % à 59 % lorsqu’on présente les détails du projet, tandis que l’appui au TGF augmente de 67 % à 73 %. Caron en conclut que le projet de TGV ne correspond pas aux priorités des Québécois, notamment dans les centaines de communautés rurales situées le long du tracé, qui « poussent un soupir de soulagement ».
Calendrier et enjeux à venir
Le premier tronçon, Montréal‑Ottawa, doit démarrer les travaux dès 2029, ce qui rend la demande de suspension d’autant plus pressante pour les parties prenantes. L’UPA insiste sur la nécessité d’une transparence totale avant toute avancée, afin que le gouvernement fédéral prenne une décision éclairée et responsable. La prochaine étape sera la décision du ministre des Transports quant à la commission d’une étude indépendante et à la mise en pause éventuelle du projet.