Réunis à Luanda pour une session extraordinaire inédite, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) se mobilisent pour transformer les mécanismes de prévention et de résolution des conflits sur le continent. Sous l'égide du président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, cette rencontre vise à doter l'organisation d'outils plus opérationnels face à la multiplication des foyers de tension.
Une session historique dédiée à la sécurité
Pour la première fois depuis sa création, l'Union africaine consacre un sommet extraordinaire exclusivement à la question de la paix et de la sécurité. L'enjeu est de taille : il s'agit d'évaluer l'efficacité de l'Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) pour en corriger les failles structurelles. Les dirigeants africains, parmi lesquels le ministre sénégalais Cheikh Niang représentant le Sénégal, examinent un plan d'action global incluant une matrice de mise en œuvre et une décision cadre, dite « Décision de Luanda », destinée à renforcer la coordination des interventions.
Réformer l'alerte et le financement
Le constat dressé par le président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, souligne l'urgence d'une réforme profonde. Face à l'instabilité persistante, du Soudan à la République démocratique du Congo en passant par le Sahel et la Corne de l'Afrique, le système actuel montre ses limites. Les priorités identifiées incluent la mise en place d'un système d'alerte précoce plus réactif, une application plus rigoureuse des résolutions prises par l'organisation et, surtout, la sécurisation d'un financement durable pour les opérations de maintien de la paix.
Le travail préparatoire du Conseil exécutif
En amont de ce sommet des chefs d'État, la 26e Session extraordinaire du Conseil exécutif a permis aux ministres des Affaires étrangères des États membres de finaliser les documents techniques. Ce travail préparatoire, mené le 29 août, a été déterminant pour harmoniser les positions nationales avant la validation politique au plus haut niveau. Par sa participation active, le Sénégal a réitéré sa volonté de contribuer à une Afrique capable de prévenir ses propres crises, marquant ainsi son attachement à la stabilité régionale et à l'intégration continentale.