L'UNESCO reconnaît la valeur mémorielle des anciennes plantations coloniales de Sao Tomé-et-Principe

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
L'UNESCO reconnaît la valeur mémorielle des anciennes plantations coloniales de Sao Tomé-et-Principe

L'inscription récente de six anciennes plantations coloniales, connues sous le nom de « rocas », sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, offre une reconnaissance internationale à un pan complexe de l'histoire de Sao Tomé-et-Principe. Ce classement souligne l'importance de préserver ces sites, témoins de l'exploitation humaine et de la mémoire collective de l'archipel.

Un héritage marqué par l'exploitation agricole

Fondées par des colons portugais dès la seconde moitié du XIXe siècle, ces plantations ont été le moteur d'une production intensive de canne à sucre, puis de cacao et de café. L'archipel, qui servait de dernière escale commerciale avant la traversée vers les Amériques, a longtemps été un centre névralgique de la traite négrière. Après l'abolition de l'esclavage par le Portugal en 1869, le système a perduré sous la forme de travail forcé, avec l'arrivée massive d'ouvriers sous contrat originaires du Cap-Vert, d'Angola, du Mozambique, du Gabon et du Congo.

Le défi de la conservation des sites

La reconnaissance de l'UNESCO couronne plusieurs années de travail mené par l'État santoméen, des experts nationaux et internationaux. Si ces lieux, à l'instar de la plantation de Sundy, conservent des structures comme les « sanzalas » — logements des anciens travailleurs —, la majorité des rocas sont aujourd'hui à l'abandon. La préservation de ces vestiges représente un défi logistique et financier majeur pour le pays, qui cherche à sanctuariser ces espaces où s'est écrite une partie de son histoire sociale.

Entre devoir de mémoire et développement touristique

L'inscription au patrimoine mondial ouvre également des perspectives économiques. Certains investisseurs privés, à l'image du groupe HBD Hotels, manifestent un intérêt croissant pour la réhabilitation de ces bâtiments historiques à des fins touristiques. L'enjeu pour les autorités locales est désormais de concilier cette valorisation économique avec une exigence de conservation rigoureuse, afin d'éviter la dégradation définitive d'un patrimoine qui demeure le socle de la mémoire collective de Sao Tomé-et-Principe.

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