Le début des élections législatives en Russie, les premières depuis le déclenchement du conflit en 2022, coïncide avec une offensive massive de drones ukrainiens visant Moscou et plusieurs régions russes. Ce scrutin, qui se déroule sur trois jours, constitue pour le Kremlin un test de l'opinion publique face à une guerre qui s'enlise.
Une offensive aérienne d'envergure sur le sol russe
Le maire de Moscou a rapporté une attaque coordonnée impliquant plus de 350 drones ukrainiens ciblant la capitale russe vendredi matin. Si la majorité des appareils auraient été neutralisés par les systèmes de défense, 64 d'entre eux ont été abattus à proximité immédiate de la ville. Parallèlement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé des frappes réussies contre des infrastructures stratégiques, notamment une raffinerie de pétrole à Yaroslavl et un aérodrome militaire à Rostov, tout en évoquant des opérations en mer Noire.
Un scrutin sous contrôle dans un climat de guerre
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dans les 11 fuseaux horaires de la Russie pour renouveler les 450 sièges de la Douma. Le paysage politique est strictement encadré : seules les formations soutenant l'offensive militaire ont été autorisées à présenter des candidats, le parti Yabloko, seule force d'opposition au conflit, ayant été exclu de la course dès le mois d'août. Le parti Russie unie, au pouvoir depuis 2000, est assuré de conserver sa domination, bien que l'ampleur de sa victoire soit scrutée comme un indicateur de la stabilité interne du régime.
Des infrastructures civiles et militaires sous pression
La stratégie ukrainienne vise à rendre le coût économique et social du conflit tangible pour la population russe, en ciblant régulièrement les infrastructures énergétiques. En réponse, Moscou poursuit ses frappes sur le territoire ukrainien. Le ministère russe de la Défense a revendiqué des attaques contre un centre logistique près d'Odessa et des installations de production de drones près de Kiev. Ces échanges de tirs constants continuent de provoquer des victimes civiles et des dégâts matériels importants des deux côtés de la frontière, illustrant l'intensité des hostilités malgré la séquence électorale en cours.