Une attaque massive de drones ukrainiens a visé ce dimanche 20 septembre la raffinerie Gazprom Neft, située dans le district de Kapotnya, au cœur de la région de Moscou. Cette opération, revendiquée par les autorités ukrainiennes, intervient alors que la Russie clôture trois jours d'élections législatives, marquant une escalade directe des frappes sur des infrastructures énergétiques névralgiques du territoire russe.
Un site industriel au cœur de l'approvisionnement moscovite
La raffinerie visée constitue un pilier de l'économie pétrolière régionale. Avec une capacité de raffinage annuelle de 11 millions de tonnes, ce site assure environ 40 % de la distribution de carburant dans la capitale et couvre 70 % des besoins en essence et en kérosène de la région de Moscou. L'incendie, provoqué par l'impact de plusieurs drones, a généré des dégâts dont l'ampleur exacte reste à évaluer, mais les conséquences logistiques sont déjà visibles avec l'apparition de files d'attente dans les stations-service et une tension sur les prix à la pompe.
Une stratégie de ciblage de la machine de guerre russe
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ces frappes de « particulièrement efficaces », soulignant que l'opération a été coordonnée par le Service de sécurité d'Ukraine (SSU), les forces d'opérations spéciales et le renseignement de défense. Pour Kiev, l'objectif est de paralyser les infrastructures qui soutiennent financièrement et opérationnellement l'effort militaire russe. Le Kremlin, par la voix du maire de Moscou Sergueï Sobianine, a dénoncé une « attaque sans précédent » visant à déstabiliser le processus électoral en cours.
Contexte électoral et intensité des hostilités
Le timing de cette offensive coïncide avec le dernier jour des élections législatives russes. Si les autorités russes affirment avoir intercepté une vaste vague de drones — plus de 1 600 appareils neutralisés depuis samedi, dont 450 ciblant la région de Moscou — l'impact sur la raffinerie de Kapotnya illustre la vulnérabilité croissante des centres urbains russes face aux capacités de frappe à longue portée de l'Ukraine. Malgré ces perturbations, le parti au pouvoir reste largement favori pour remporter le scrutin, bien que la guerre s'invite désormais de manière concrète dans le quotidien des citoyens russes.