Le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva a remporté l'élection présidentielle brésilienne, s'imposant face au sénateur Flavio Bolsonaro avec 51 % des suffrages exprimés. Ce succès marque un tournant historique, Lula devenant le premier dirigeant du pays à inverser une défaite au premier tour pour finalement l'emporter lors du second scrutin.
Un dénouement électoral sous haute tension
Le dépouillement a confirmé une victoire étroite, avec un écart d'environ 2,6 millions de voix entre les deux candidats. Le processus électoral a été marqué par des difficultés logistiques notables, notamment des allégations de suppression d'électeurs liées à des suspensions de transports publics dans certaines zones. Ces tensions ont conduit la Cour suprême à autoriser une extension exceptionnelle de deux heures de l'ouverture des bureaux de vote, alors que des conditions météorologiques difficiles affectaient également les bastions électoraux de l'opposition.
Une stratégie axée sur le pouvoir d'achat
Donné perdant après un premier tour décevant le 4 octobre, Lula a réussi à remobiliser son électorat en se concentrant sur les préoccupations économiques immédiates des ménages. Sa campagne a mis en avant des mesures concrètes, telles que l'adoption d'un amendement constitutionnel réduisant la semaine de travail et des propositions visant à instaurer la gratuité des transports publics durant les week-ends. Ces initiatives ont permis de répondre à une crise du coût de la vie exacerbée par un endettement croissant des familles, un sujet sur lequel le président avait déjà tenté d'intervenir en interdisant les applications de paris sportifs en ligne en septembre.
Les défis d'un quatrième mandat
À 80 ans, Lula s'apprête à prêter serment le 5 janvier 2027, devenant le président le plus âgé de l'histoire démocratique du Brésil. Si cette victoire confirme son influence majeure sur la scène politique nationale, la gouvernance des prochaines années s'annonce complexe. Le président devra composer avec un Congrès marqué par une forte poussée de la droite, ce qui pourrait entraver la mise en œuvre de son programme législatif. Ce résultat constitue par ailleurs un coup d'arrêt à la dynamique régionale des leaders conservateurs, dans un contexte où plusieurs pays voisins avaient récemment basculé vers la droite.