Le secteur bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré en 2025 une croissance sans précédent de 14,1 %, portant le bilan global des banques à plus de 82 298 milliards de Fcfa. Cette performance, tirée par la Côte d’Ivoire et le Bénin, s’accompagne d’une amélioration notable de la rentabilité et de la solidité financière du secteur.
Une expansion financière portée par les dépôts et les crédits
Les dépôts et emprunts ont progressé de 16 % pour atteindre 56 200 milliards de Fcfa, tandis que les crédits accordés à la clientèle ont augmenté de 5,5 %, s’élevant à 38 731 milliards de Fcfa. La rentabilité globale du secteur a bondi de 25,5 %, avec un résultat net de 1 252 milliards de Fcfa. Le ratio de solvabilité moyen a également progressé, passant de 14,7 % à 15,6 %, bien au-dessus du seuil réglementaire de 11,5 %.
Côte d’Ivoire et Sénégal concentrent plus de la moitié des actifs bancaires
La cartographie des bilans bancaires révèle une forte concentration géographique autour de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui représentent à eux seuls 57,1 % des actifs de la zone. La Côte d’Ivoire domine largement avec 31 198 milliards de Fcfa d’actifs (37,9 %), suivie du Sénégal (19,2 %) et du Burkina Faso (12,5 %). Le Bénin, en cinquième position, affiche un bilan de 7 607 milliards de Fcfa, confirmant sa stabilité macroéconomique.
La BIIC, star montante du Bénin, bouscule le Top 10 régional
Le Bénin se distingue par la performance exceptionnelle de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC), dont le bilan a progressé de 24,8 % en un an pour atteindre 1 886 milliards de Fcfa. Cette croissance fulgurante lui permet d’entrer dans le Top 10 des banques de l’UEMOA, reléguant des acteurs historiques comme la Société Générale Sénégal hors de ce classement. Une recomposition majeure du paysage bancaire ouest-africain.
Un cadre réglementaire renforcé pour un secteur plus résilient
La Commission bancaire de l’UEMOA a renforcé ses contrôles en 2025, avec 40 injonctions adressées à 37 établissements. Ce durcissement prudentiel, couplé à la dynamique des banques béninoises, reflète une confiance accrue des déposants et du secteur privé dans la solidité du marché financier local. Une évolution qui pourrait favoriser une diversification économique plus large dans la région.