Malgré le retrait de sa menace de boycott des compétitions FIFA, l’UEFA maintient sa stratégie pour écarter Gianni Infantino de la présidence de la FIFA. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur la gouvernance du football mondial.
Une victoire symbolique pour l’UEFA, mais pas une capitulation
L’UEFA a obtenu gain de cause en obtenant des garanties écrites sur l’abandon définitif du plan FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l’ouverture à des investisseurs privés. Cette concession, officialisée lors d’une réunion des 55 fédérations européennes et des membres du Conseil FIFA, permet désormais à six équipes européennes – dont l’Angleterre, la France et l’Italie – de participer à la Coupe du Monde féminine des moins de 20 ans en Pologne, prévue la semaine prochaine.
Pour l’instance européenne, cette avancée est une étape nécessaire, mais insuffisante. Elle confirme ainsi sa volonté de poursuivre son offensive contre Infantino, malgré l’abandon de la mesure la plus radicale.
Une élection serrée en mars 2025, mais des obstacles majeurs
L’UEFA mise désormais sur la recherche d’un candidat unifié pour affronter Infantino lors de son prochain scrutin en mars 2025. Le président de la Concacaf, Victor Montagliani, est évoqué comme une option sérieuse, bien qu’aucun nom ne soit encore officiellement avancé. Les nominations doivent être déposées avant le 18 novembre.
Le vote s’annonce incertain : Infantino n’a besoin que de 106 voix sur 211 pour être réélu, mais une victoire étroite pourrait fragiliser sa légitimité. L’UEFA a cependant abandonné l’idée d’une motion de défiance, jugée irréaliste, car elle aurait nécessité 159 voix – soit les trois quarts des fédérations membres.
Un football divisé sur la gouvernance de la FIFA
La stratégie de l’UEFA s’inscrit dans un climat de division au sein du monde du football. Mardi, un groupe d’anciens joueurs, dont Mikael Silvestre et Lucy Bronze, a publiquement appelé à un changement à la tête de la FIFA, dénonçant des années de gestion controversée. Leurs déclarations, relayées sur les réseaux sociaux, reflètent une frange critique du football européen.
À l’inverse, d’autres légendes du ballon rond, comme Cafu, Christian Vieri ou Pepe, ont apporté leur soutien à Infantino. Ces derniers saluent notamment les avancées réalisées sous sa présidence, comme la création de mécanismes de représentation des joueurs, absents auparavant. Cette opposition entre anciens champions illustre les clivages persistants au sein de la communauté footballistique.
Quelles conséquences pour l’avenir du football mondial ?
Si Infantino parvient à se maintenir, sa présidence pourrait sortir affaiblie d’une élection contestée, même victorieuse. À l’inverse, une alternance à la tête de la FIFA pourrait redéfinir les équilibres du pouvoir dans le football mondial, avec des répercussions sur les compétitions, les financements et les réformes structurelles.
Pour l’UEFA, l’enjeu dépasse le cadre sportif : il s’agit de réaffirmer son influence face à une FIFA perçue comme trop centralisatrice. La bataille pour la gouvernance du football s’annonce donc comme un marathon, où chaque étape compte.