L'instance dirigeante du football européen s'apprête à infléchir sa stratégie vis-à-vis de la FIFA. Alors qu'elle menaçait de boycotter les compétitions mondiales en réaction à un projet controversé de privatisation des recettes, l'UEFA semble privilégier une sortie de crise pragmatique pour préserver le calendrier sportif.
La pression du calendrier sportif international
Le revirement potentiel de l'UEFA est largement dicté par l'imminence du Mondial féminin des moins de 20 ans, prévu en Pologne du 5 au 27 septembre. Le maintien de la menace de boycott plaçait les nations européennes, dont la France, dans une impasse logistique et sportive, alors que les équipes nationales ont déjà entamé leur préparation. La Pologne, pays hôte, se trouvait également dans une position délicate, rendant la levée de cette menace indispensable pour garantir la tenue de l'événement.
Le retrait du projet de privatisation des recettes
La fronde européenne, initiée le 30 juillet dernier, avait été déclenchée par la volonté de Gianni Infantino d'ouvrir les revenus de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Si ce projet a été officiellement abandonné par le président de la FIFA, l'UEFA avait initialement maintenu sa pression, exigeant des garanties structurelles pour éviter toute récidive. La position française, notamment, s'est alignée sur une levée des sanctions dès lors que le projet litigieux était retiré, sans exiger de conditions supplémentaires immédiates.
Une stratégie d'opposition politique maintenue
Malgré cet apaisement sur le plan opérationnel, l'UEFA ne renonce pas à son opposition frontale contre Gianni Infantino. L'instance européenne, en concertation avec les confédérations nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC), cherche activement à obtenir le départ du dirigeant italo-suisse avant l'échéance électorale du 18 mars 2027. Le défi reste toutefois complexe : le système de vote « un pays, une voix » limite l'influence directe des confédérations sur le scrutin. À ce jour, l'absence de candidat alternatif crédible, confirmée par le refus d'Aleksander Ceferin de briguer la présidence, fragilise la stratégie de renouvellement portée par l'UEFA.