L’UEFA s’apprête à déposer une plainte en Suisse contre Gianni Infantino, président de la FIFA, pour « gestion déloyale ». La cible ? Un projet abandonné cet été visant à ouvrir les revenus de la Coupe du monde 2026 à des investisseurs privés.
Un projet secret aux enjeux financiers colossaux
Proposé fin juillet comme une solution pour « libérer le potentiel commercial » du Mondial, ce dispositif prévoyait de loger les recettes de la compétition dans une structure ouverte aux capitaux privés. L’UEFA y voit une manœuvre risquée : selon elle, ce mécanisme aurait pu permettre à Infantino et à son entourage de s’approprier des actifs stratégiques de la FIFA, au détriment de l’instance et de ses membres.
Une plainte de 60 pages pour démontrer l’intention de nuire
L’instance européenne a préparé une requête préliminaire de 60 pages, dans laquelle elle accuse le dirigeant italo-suisse d’avoir porté atteinte aux intérêts et à la réputation de la FIFA. La procédure, qui pourrait aboutir à une plainte formelle devant la justice suisse, s’appuie sur l’infraction de « gestion déloyale », passible de cinq ans de prison. Pour réussir, l’UEFA devra prouver que le projet avait pour but délibéré de causer un préjudice à l’organisation.
Des critiques internes qui alimentent la polémique
Les tensions autour de ce projet ne sont pas nouvelles : Carlos Cordeiro, ancien conseiller d’Infantino, avait démissionné en le qualifiant de « mauvaise opération pour le football ». Ces déclarations renforcent la position de l’UEFA, qui dénonce un manque de transparence et une gestion opaque de la part de la FIFA. La polémique survient à quelques mois d’une nouvelle élection à la tête de l’instance, où Infantino brigue un nouveau mandat.
Quelles conséquences pour le football mondial ?
Cette offensive judiciaire pourrait avoir des répercussions majeures sur la gouvernance du football. Si la plainte aboutit, elle pourrait contraindre la FIFA à revoir ses méthodes de gestion financière et à renforcer ses mécanismes de contrôle. Pour l’UEFA, l’enjeu est double : protéger les intérêts des fédérations membres et garantir l’intégrité d’une compétition dont les revenus sont au cœur des débats économiques du sport.