Plus d'une décennie après la signature du décret n°13/021, la localité de Luebo, située dans la province du Kasaï, demeure dans une impasse administrative. Malgré son érection officielle au rang de ville en 2013, aucune mesure concrète n'a été déployée pour transformer cette décision juridique en réalité institutionnelle sur le terrain.
Une promesse administrative restée lettre morte
Le décret du 13 juin 2013 prévoyait une restructuration profonde de l'entité, actant son passage du statut de chef-lieu de district à celui de ville. Ce texte fondateur incluait également le découpage administratif nécessaire à son fonctionnement, avec la création programmée de trois communes distinctes : Luebo, Kasenga et Bipatu. Pourtant, treize ans plus tard, ces structures municipales n'ont jamais vu le jour, laissant la localité dans un flou juridique persistant qui entrave son développement local.
L'appel à la responsabilité de l'État
Face à cette inertie, la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) de Luebo a formellement interpellé le gouvernement central. Pour Basile Mbanza, coordonnateur de la structure, ce retard prolongé s'apparente à une « injustice administrative » et à une entorse au principe de l'État de droit. La société civile exige désormais une clarification sur la situation juridique réelle de l'entité et presse les autorités nationales, notamment les ministères de l'Intérieur et de la Politique de la ville, de sortir le dossier de l'oubli.
Les enjeux de la décentralisation au Kasaï
Au-delà de la simple question de nomenclature, le plaidoyer de la NSCC souligne un enjeu majeur de gouvernance territoriale. L'application effective du statut de ville est perçue par les acteurs locaux non pas comme une concession politique, mais comme un levier indispensable à la décentralisation et à l'autonomie de gestion du Kasaï. L'installation des services urbains est présentée comme une étape nécessaire pour structurer l'administration locale et répondre aux besoins de développement des populations, qui attendent depuis 2013 que les actes officiels de l'État soient enfin traduits en faits tangibles.