L'Ouganda valide l'extradition d'un ancien proche du chef de l'armée vers les États-Unis pour trafic d'armes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 43 lectures
L'Ouganda valide l'extradition d'un ancien proche du chef de l'armée vers les États-Unis pour trafic d'armes

La justice ougandaise a officialisé, le 28 août, l'extradition imminente vers les États-Unis de Katungi Michael Mpeirwe, un officier du renseignement militaire à la retraite. Accusé par Washington d'avoir orchestré un trafic d'armes de grande ampleur destiné à des cartels mexicains, cet ancien proche du chef de l'armée ougandaise fait face à des charges lourdes impliquant des équipements militaires sophistiqués.

Un réseau international de prolifération d'armes

Selon l'acte d'accusation publié par les autorités américaines le 30 juillet 2025, Katungi Michael Mpeirwe aurait tenté de fournir pour plus de 50 millions d'euros d'armements à des organisations criminelles, dont le Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Le dossier fait état d'une logistique complexe impliquant des mitrailleuses, des lance-roquettes, des mines anti-personnel, ainsi que des missiles sol-air, des drones et des canons aériens. Pour mener à bien ces opérations, l'ancien diplomate aurait collaboré avec trois complices de nationalités bulgare, kényane et tanzanienne, dont certains ont déjà été appréhendés ou extradés vers le sol américain.

La chute d'une figure influente

Avant son arrestation à Kampala, Mpeirwe occupait une place notable au sein de l'appareil sécuritaire et politique ougandais. Ancien officier du renseignement et diplomate, il entretenait des liens étroits avec le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l'armée et fils du président Yoweri Museveni. En mars 2023, il avait même été intégré au comité central du mouvement politique porté par le général Kainerugaba. Ce n'est qu'après la divulgation des accusations américaines que ce dernier a officiellement démis Mpeirwe de ses fonctions, marquant une rupture nette avec celui qui menait, jusqu'à son interpellation, une vie publique sans apparente inquiétude dans la capitale ougandaise.

Un enjeu politique dans un climat de succession

Cette affaire dépasse le cadre strict du trafic d'armes pour s'inscrire dans un contexte politique ougandais sous tension. L'extradition intervient alors que les manœuvres autour de la succession du président Yoweri Museveni, dont le fils a récemment annoncé sa candidature pour l'élection présidentielle de 2031, s'intensifient. La mise en cause d'un ancien membre du premier cercle du chef de l'armée souligne les risques de déstabilisation interne liés aux réseaux d'influence, alors que Kampala cherche à maintenir sa coopération judiciaire avec Washington face à des accusations internationales de cette gravité.

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