L'ancien colonel ougandais Katungi Michael Mpeirwe a été remis aux autorités américaines le 12 septembre dernier. Cet ex-militaire, autrefois proche du cercle familial du président Yoweri Museveni, est poursuivi par la justice américaine pour son rôle présumé dans un vaste réseau de trafic d'armes destiné au Cartel de Jalisco Nouvelle Génération.
Un arsenal de guerre au cœur des accusations
Les poursuites engagées par la justice américaine détaillent un complot débuté en septembre 2022. Katungi Michael Mpeirwe est accusé d'avoir orchestré, avec trois complices de nationalités bulgare, kényane et tanzanienne, la fourniture d'équipements militaires lourds. L'arsenal visé comprenait des mitrailleuses, des lance-roquettes, des mines antipersonnel, des missiles sol-air, des drones ainsi que des canons antiaériens. Parmi ses partenaires présumés figure Peter Dimitrov Mirchev, un ressortissant bulgare dont les antécédents incluraient des transactions avec le marchand d'armes Viktor Bout.
La fin d'une influence politique à Kampala
En Ouganda, le profil de l'accusé était marqué par sa proximité avec Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni. Mpeirwe occupait une place au sein du comité central du mouvement politique dirigé par ce dernier. Toutefois, dès la révélation des charges pesant sur lui par les autorités américaines, il a été exclu de cette instance. Son interpellation à Kampala fin juin, suivie de la validation de son extradition par la justice ougandaise fin août, marque une rupture nette avec ses soutiens politiques passés.
Des enjeux judiciaires majeurs en Virginie
Désormais sous la juridiction des États-Unis, l'ancien officier devra répondre de ses actes devant un tribunal de l'État de Virginie. Les chefs d'accusation sont lourds : en cas de condamnation, il encourt une peine minimale de dix ans de réclusion, pouvant aller jusqu'à la perpétuité. Cette affaire illustre la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux, alors que le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération est classé par Washington parmi les organisations criminelles les plus violentes opérant au Mexique.