Lors d'une conférence à Genève le 3 septembre, Celeste Saulo, secrétaire générale de l'Organisation météorologique mondiale, a déclaré que l'épisode d'El Niño en cours pourrait être le plus puissant observé depuis quarante ans. Cette mise en garde revêt une importance particulière pour les pays africains, où les variations climatiques influencent directement l'agriculture, la sécurité alimentaire et la gestion de l'eau.
Une alerte officielle de l'OMM à Genève
Devant un auditoire de responsables publics et de scientifiques, la dirigeante de l'OMM a souligné l'ampleur croissante du phénomène El Niño, en s'appuyant sur les dernières observations satellites et les relevés de température de surface océanique. La conférence, organisée dans le cadre du programme climatique de l'ONU, a permis de rappeler le rôle de l'OMM comme source principale de données et d'analyses météorologiques à l'échelle planétaire.
El Niño : un moteur de variations climatiques mondiales
El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, perturbant les schémas de circulation atmosphérique. Historiquement, les épisodes forts ont entraîné des sécheresses dans certaines régions d'Afrique de l'Est, des pluies excessives en Amérique du Sud et des tempêtes inhabituelles dans le Pacifique Sud. Ces dérèglements, bien que variables d'une occurrence à l'autre, soulignent le caractère systémique du phénomène.
Pourquoi cet épisode pourrait dépasser les précédents
Les données recueillies au cours des derniers mois indiquent des températures de surface supérieures aux moyennes historiques, ainsi qu'une persistance du réchauffement plus longue que d'habitude. Selon l'OMM, ces indicateurs placent le phénomène actuel dans la catégorie des « plus puissants » des quatre dernières décennies, même si les seuils exacts restent à confirmer par les modèles climatiques en cours d'ajustement.
Enjeux pour l'Afrique et la communauté internationale
Un El Niño d'une telle intensité pourrait accentuer les risques de sécheresse dans les zones déjà vulnérables du Sahel, tout en augmentant la probabilité d'inondations soudaines dans les bassins fluviaux d'Afrique centrale. Les décideurs sont donc invités à intégrer ces prévisions dans leurs plans de gestion des ressources hydriques, de sécurité alimentaire et de résilience urbaine. Au niveau international, la situation renforce l'appel à renforcer les mécanismes de financement climatique afin d'aider les pays les plus exposés à anticiper et à atténuer les impacts potentiels.